Mini-jobs : le faux modèle européen?

Article publié le 15 mars 2012
Article publié le 15 mars 2012
Par Alfonso de Cea Les mini-jobs sont des contrats de basse rémunération et d'un maximum de 15 heures de travail par semaine. En Allemagne, un des pays modèle de cette tendance, le ‘contrat type’ dispose d'un salaire de 400 euros par mois. Pourtant, le travailleur ne paie pas d'impôts et peut contribuer volontairement aux systèmes sociaux.

Les mini-jobs sont-ils la clé de la crédibilité économique pour certains pays ? Le miracle économique allemand est-il réel ? Près de 7 millions d'allemands vivent avec une formule de travail qui semble être arrivée en Europe pour rester. Dans le pays bavarois, le taux de chômage a atteint le niveau le plus bas en 20 ans et c'est pour cela que le modèle allemand est souvent pris comme exemple au reste des pays européens, qui veulent réduire le chômage et cherchent à être plus compétitifs.

Quelles sont les conséquences de cette réforme ?

Des postes de travail ont été créés, mais aussi l'inégalité salariale a augmenté. Curieusement, ce miracle économique ne pousse pas à dépenser plus. Peut-être parce qu'il n'y a pas beaucoup d’argent à dépenser... En plus, en Allemagne, il n’existe pas de salaire minimum au niveau national. Dans certains cas, ils peuvent même être inférieurs à un euro de l'heure! Malgré les plaintes de quelques agences d'emploi et les critiques de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), les chiffres continuent à donner raison.

En 2003, l'ancien chancelier Schröeder a mis en place les fameux mini-jobs et le nombre de ce type de contrats a monté de 5,7 à presque 7 millions. A la fin de l’année 2011, L'Allemagne a atteint un taux de chômage d’un peu plus de 6% et comptait plus de 41 millions de travailleurs inscrits, record absolu et historique dans l'une des pires années pour l'UE. Comment est-ce possible? Un emploi sur cinq en Allemagne est aujourd'hui un mini-job. Voilà la réponse.

Les mini-jobs sont-ils le renoncement aux droits obtenus ?

Avec un marché de travail de deux niveaux, les entrepreneurs prennent peu d'initiatives pour créer des travaux stables à plein temps. D’autre part, chaque jour qui passe sans travailler, sert à perdre les habiletés acquises durant le processus de formation. Ces mini-jobs pourraient- ils se convertir en un tremplin vers l’emploi durable? Voici le débat : pour ou contre ?