Migration : que fait vraiment l'Europe ?

Article publié le 4 mars 2015
Article publié le 4 mars 2015

Face à la progression de la guerre du Moyen-Orient en Libye, de nombreux migrants se dirigent vers l’Europe, à la recherche d’une nouvelle vie. Nos dirigeants vont-ils mettre fin à ce fléau ?

La migration existe depuis toujours et n’a jamais cessé d’être un sujet de préoccupation en Europe. Si l’on considère les guerres et les conflits comme des éléments constants dans l’histoire du monde, il est facile de comprendre le concept de migration. Avec l’avancée de la guerre en Syrie et en Irak vers la Libye, l’Union européenne a vu de nombreux migrants en provenance du nord de l’Afrique débarquer en Italie. Ils fuient les conflits, la famine et les maladies. Beaucoup d’entre eux meurent sur la route. C’est un problème grave : nous parlons ici d’êtres humains, avec des sentiments, des espoirs et des rêves.

Les initiatives européennes, Frontex et AMIF

Mais que fait vraiment l’Europe pour faire face à ce fléau social ? Dans la continuité des initiatives de la présidence grecque, la présidence italienne a créé une politique migratoire paneuropéenne. Celle-ci qui permet de répartir la charge liée à la migration entre les pays les plus exposés et les autres états membres de l’UE. L’Italie, par exemple, a renforcé FRONTEX, une agence créée par l’UE qui vise à améliorer les procédures et les méthodes de travail liées à la migration. Ainsi, selon le programme actuel de la présidence lettone, la migration, l’asile et les politiques frontalières font aujourd'hui partie des priorités au niveau européen.

Le Fonds « Asile, migration et intégration » (AMIF) de l’UE a été mis en place en vue de renforcer et de développer tous les aspects du régime d’asile commun européen. Il a pour but de soutenir la migration légale vers les États membres en fonction de leurs besoins économiques et sociaux (les besoins du marché par exemple) et de promouvoir l’intégration efficace des ressortissants des pays non membres de l’UE. De plus, il encourage la solidarité et la responsabilité entre les É​tats membres, en particulier ceux qui sont le plus touchés par les flux de migration et d’asile, comme l’Italie par exemple.

Tous les pays de l’UE (sauf le Danemark) élaborent des programmes nationaux qui présentent les actions grâce auxquelles ils comptent atteindre les buts fixés dans la règlementation de l’AMIF.

Opération Triton

L’opération Triton, lancée en novembre 2014 et coordonnée par FRONTEX, a pour mission de gérer la migration en Méditerranée centrale. Selon un communiqué de presse de la Commission européenne, « les États membres qui font face à une importante pression en termes de migration peuvent demander une aide technique et opérationnelle de la part de Frontex. » L’agence peut lancer une opération conjointe sur demande de l’état membre hôte, comme l’a fait l’Italie avec l’opération Triton. Cependant, bien qu’elle ait contribué au sauvetage de migrants qui arrivaient à Lampedusa, en Italie, cette opération ne semble pas suffire.

Selon Giusi Nicolini, maire de Lampedusa, « quand les morts arrivent, on se sent abattu. On se demande pourquoi rien ne change jamais. L’Europe est totalement absente, il ne faut pas être un expert pour comprendre ça ». En d’autres termes, derrière leurs protocoles, leur bureaucratie et leurs discours élaborés, les dirigeants de l’UE souhaitent éviter un flux de sans-papiers en Europe. L’année dernière, le premier ministre britannique David Cameron a surpris tout le monde en affirmant que le Royaume-Uni ne participerait plus aux opérations de sauvetage, car cela encouragerait d’autres migrants à venir en Europe. Ironique, quand on pense au prix Nobel de la paix qu’a reçu l’Union européenne en 2012…

La migration au cinéma

L’industrie cinématographique et sa nature capitaliste sont responsables de la plupart des absurdités que l’on voit dans les films qui attirent le plus de spectateurs. Évidemment, derrière ces âneries à succès se cache un puissant plan de communication stratégique. Je n’arrive pas à cacher ma consternation quand je regarde des films respectables de sensibilisation sociale qui ne bénéficient d’aucune publicité ni couverture médiatique.

J’ai récemment vu « The Good Lie », un film réalisé par Philippe Falardeau sorti en 2014. Il aborde un thème intemporel et alarmant, qui constitue l’un des sujets de préoccupation principaux de l’UE en ce moment : la migration. Inspiré d’une histoire vraie, ce film nous montre les difficultés rencontrées par un groupe d’enfants après la mort de leurs parents lors d’une attaque au Soudan. Après avoir parcouru des milliers de kilomètres, traversé l’Ethiopie et le Kenya, ils trouvent un camp de réfugiés où ils restent 13 ans avant d’être placés dans des familles d’accueil aux Etats-Unis.

Tout ce qui se passe après ça n’est rien de plus qu’une triste description de la réalité du monde actuel, un monde où les sans-papiers, qui n’ont jamais vu un téléphone de leur vie, arrivent dans l’ouest civilisé, à la recherche d’asile et d’un travail.

Conclusion

Dans le contexte de terreur instaurée par l’État islamique en Libye, l’UE fait aujourd’hui face à une augmentation du nombre de demandeurs d’asile qui traversent la Méditerranée, mais elle doit aussi relever de nouveaux défis en termes de sécurité. La Commission européenne comprend que l’augmentation du nombre de sans-papiers à la recherche d’asile est liée à la dégradation de la situation politique au Moyen-Orient et en Libye. Cependant, selon les entités gouvernementales pour lesquelles les demandeurs d’asile représentent le fardeau le plus lourd, l’UE ne prend pas de mesures efficaces pour trouver une solution à cet important problème.

Relu en anglais par Danica Jorden