Migrants de Paris : « Dans quelques jours, il y aura un nouveau camp »

Article publié le 7 novembre 2016
Article publié le 7 novembre 2016

[VIDÉO] En à peine six heures, les autorités publiques françaises ont nettoyé la « tâche de Paris » - un camp de réfugiés situé à proximité de la station de métro Stalingrad, preuve de l'insuffisance de la politique migratoire du pays en plein centre de la capitale. Mais où vont aller les migrants maintenant ?

Combien de personnes ont vécu dans le plus grand camp de réfugiés de Paris, sous les lignes de métro entre les stations Jaurès et Stalingrad ? Le nombre n'est pas clair. Selon les sources, ils étaient entre 2500 et 3500. Disons donc que 3000 personnes ont dormi sous des tentes en plein cœur de la capitale française, sur un terre-plein entre le Canal Saint-Martin et deux avenues très fréquentées. Ils ont acheté ces tentes ou les ont reçues de la part de bénévoles ou de voisins.

Tous les jours, des milliers d'automobilistes sont passés par là. Tous les jours, des passants ont traversé la rue pour éviter les odeurs d'urine. Et la nuit, des fêtards plus ou moins aguerris ont, en levant le nez de leur verre, été choqués en apercevant par hasard le camp de l'autre côté du canal.

Il n'y a plus que des assiettes en plastique et des restes de toile de tentes pour témoigner encore de ces anciens habitants. Car les autorités françaises ont commencé le nettoyage du camp ce matin à 6 heures. À 12 heures, le dernier bus dans lequel se sont entassés les migrants quittait la station Stalingrad.

Vidéo sous-titrée en anglais.

Pour aller où ? Là encore, les avis divergent. Des policiers ayant surveillé l'évacuation, ont affirmé à cafébabel que les migrants sans abri allaient être conduits dans des centres d'hébergements d'Île-de-France.

« Dans quelques jours, il y aura un nouveau camp », pense quant à lui Youssef, réfugié syrien. Il a autrefois dormi dans le camp, puis chez des amis dans un appartement. Lorsqu'il a entendu parler ce matin de l'évacuation, il s'est dépêché de rejoindre la station de métro, mais les policiers ne l'ont pas laissé passer. Avec une photographe et activiste qui se trouve maintenant à ses côtés, il est persuadé que les réfugiés vont simplement être envoyés vers l'administration pour y être enregistrés. Les deux supposent que seuls les femmes et les enfants obtiendront des places dans les centres d'hébergement. « Ils doivent de toute façon revenir à Paris pour terminer la procédure de demande d'asile auprès de l'administration française », explique Youssef.

« Maintenant, on détruit les tentes. Quel gâchis ! », déplore la photographe. Elle aussi est persuadée que les migrants et les bénévoles vont avoir besoin de nouvelles tentes et s'énerve car ni les migrants ni les groupes de bénévoles n'ont pu démonter et empaqueter leurs tentes.

Il s'agit là de la sixième évacuation du camp à la station de métro Stalingrad cette année. Mais celle-ci est la plus vaste. Elle a eu lieu à peine une semaine après le démantèlement de Calais, le plus célèbre camp de migrants de France.