Michèle Sabban et les régions d'Europe

Article publié le 21 juin 2010
Article publié le 21 juin 2010
Par Angélique Berhault Intéressée par les questions liées à l'Europe depuis son plus jeune âge, Michèle Sabban est aujourd'hui Présidente de l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE). L'organisation rassemble 270 régions d'Europe issues de 33 pays et défend leurs intérêts auprès des institutions européennes. Autrement dit, l'Assemblée des Régions d'Europe permet de «penser global et d'agir local».
C'est le lieu où les régions peuvent s'exprimer, échanger leurs expériences et porter des projets en commun. Néanmoins, Michèle Sabban estime que son organisation (et donc les régions d'Europe) est délaissée par la Commission Européenne. Ainsi, l'une des priorités de Michèle Sabban est de «tout faire pour que les institutions européennes nous entendent. Monsieur Barosso Président de la Commission Europé... n'était pas disposé à entendre la voix des régions lors de sa réunion sur le plan de relance européenne. Mais je ne m'arrêterais pas là. Si Monsieur Barosso ne nous écoute pas, peut-être que le Président de l'Europe Président du Conseil Européen, He... sera disposé à le faire. Il est tout à fait incohérent de voir la place accordée aux gouvernements des états membres et celle allouée aux régions. Il ne faut pas oublier que les régions, c'est 22 millions de PME en Europe!»

L'Assemblée des Régions d'Europe, c'est surtout «la grande Europe». Cela a donc permis à Michèle Sabban de réaliser un ambitieux projet: rassembler les présidents de la trentaine de régions du pourtour de la Mer Noire, et réfléchir avec eux à des solutions communes dans les domaines de la gestion de l’eau et du tourisme durable. Initiative passée inaperçue dans un premier temps, les observateurs furent surpris du succès du «Sommet de la Mer Noire». Comment faire fonctionner des discussions entre les Présidents de Régions d'Arménie, de Turquie, de Bulgarie, de Géorgie, de Russie et bien d'autres? Pour Michèle Sabban, il y a une solution simple. «En les rassemblant autour d'une même question qui les touche : l'eau et le tourisme. La communauté européenne doit comprendre que tout dialogue est possible et tout problème est solvable à partir du moment où chaque interlocuteur à un intérêt à participer à la discussion. Mon action n'est pas un coup politique. Je n'ai nullement pour ambition de résoudre les problèmes géopolitiques de cette région. Mais cette réunion a été un franc succès et démontre à la Communauté Européenne que l'on peut poser un regard différent sur les problématiques actuelles.» Il est vrai que l'initiative a été une réussite. C'est pourquoi les travaux vont reprendre en septembre 2010, lors d'une nouvelle rencontre en Odessa (Ukraine), région qui espère pouvoir s'appuyer sur l'expertise développée par d'autres entités régionales du pourtour de la Mer Noire. L'idée est de faire coopérer les régions sur les informations, techniques et moyens qui ont fait leurs preuves dans des conditions environnementales similaires.

Ainsi, l'ARE surprend, agit et obtient des résultats. Elle a ainsi initié en 2009 une coopération avec GE Energy, notamment afin d’organiser ensemble un événement annuel baptisé la Journée de l’énergie des Régions d’Europe, dont la première édition s’est tenue en avril 2010. De même, au Sommet de Copenhague sur le changement climatique, l'ARE était présente et Michèle Sabban estime que «les régions ont été les leaders en matière de cohésion et d'entente sur les politiques à mettre en œuvre. L'échec de nos gouvernements n'a pas empêché les régions de mettre en place leurs propres mesures et d'avancer sur ce terrain. Réduire à 50% les gaz à effet de serre dans nos régions, c'est possible.» Et c'est bien au Sommet de Copenhague qu'Arnold Schwarzenegger, gouverneur de la Californie, avait annoncé la création du R20, soit la réunion des vingt plus grandes régions des cinq continents parmi lesquelles l'Ile-de-France, le Pays Basque espagnol, l'Ecosse, le Québec mais aussi la région de São Paulo au Brésil, celle de Jiangzu en Chine et de Gyeonggi en Corée du Sud. Face au G20, les entités régionales ont donc opté pour la coopération, l'échange d'informations (et non les éternelles négociations) pour mettre en place des solutions pilotes sur le terrain, mais aussi développer des partenariats nord-sud. Ainsi, face à chaque G20, un contre-sommet du R20 aura lieu. Une fois de plus, un projet ambitieux est lancé... Et lorsque l'on sait que Michèle Sabban c’est aussi la vice-Présidente de la Région Ile-de-France, région pilote du R20 pour l'Union Européenne, on se réjouit à l'avance d'imaginer les prochaines initiatives qui vont être mises en place sur le terrain.