Michel Vauzelle dénonce la politique militaire française en Afghanistan

Article publié le 28 août 2008
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Article publié le 28 août 2008
Michel Vauzelle,Député et Président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (1) s'insurge contre la politique militaire française en Afghanistan et dénonce la passivité des médias. Son communiqué est... saignant.

Michel Vauzelle, Député et Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, s’est étonné des échos très partiels donnés par les médias à l’audition hier, mardi 26 août, à l’Assemblée nationale, des Ministres de la Défense et des Affaires étrangères à propos de la guerre en Afghanistan.

« Le Ministre de la Défense, dans une réunion qui s’est tenue en présence de la presse, a déclaré : « La situation n’est pas rose », « il y aura encore des pertes », « cette guerre ne pourra être gagnée ».

Le Ministre a ajouté que la France ne disposait pas en Afghanistan des moyens matériels nécessaires pour faire face à l’ennemi et que depuis des années « on courrait après des hélicoptères et des drones » qui apparemment ne sont pas à la disposition de nos soldats alors qu’ils sont nécessaires.

Enfin, le Ministre a refusé l’emploi du terme « guerre » alors que le Chef d’état major des armées a parlé lui « d’actions de guerre » en Afghanistan.

Par ailleurs, le Général français commandant la zone de Kaboul a reconnu que l’opération qui s’est soldée par la mort de dix soldats avait été « mal préparée ». « Pourtant, a-t-il ajouté, trois jours avant on avait pu constater qu’il n’y avait pas d’ennemis dans ce secteur ».

Les deux Ministres ont évoqué à plusieurs reprises le fait que la France devait être présente dès lors que des dizaines de Nations amies combattaient en Afghanistan. On peut alors se demander pourquoi la France ne rejoint pas la coalition des ses alliés en Irak.

Les Ministres ont également parlé de la défense dans cette guerre qu’ils n’osent pas appeler ainsi, des Droits de l’Homme et de la dignité de la femme en Afghanistan. Pourquoi alors la France défendrait-elle la dignité de la femme en Afghanistan et pas en Iran ou au Tibet ?

Si l’armée n’a pas assez d’hélicoptères et de drones pour gagner la guerre et assurer la sécurité de nos soldats, pourquoi faire la guerre dans ces conditions ?

Par ailleurs, les français doivent savoir que le problème pour l’armée française n’est pas seulement le combat contre les Talibans mais également l’attitude du peuple afghan lui-même. Le gouvernement afghan vient de condamner le bombardement par les armées de la coalition des populations civiles afghanes. D’autre part, les « Seigneurs de la guerre » et les centaines de milliers de cultivateurs de pavot pour l’opium semblent ne pas voir dans la France et ses alliés des libérateurs.

Enfin, comment espérer rétablir l’ordre et la démocratie dans l’Est de l’Afghanistan alors qu’à quelques kilomètres, à la frontière pakistanaise, trouvent refuge en territoire pakistanais les chefs d’Al-Quaïda et les chefs Talibans ?

L’armée française a besoin du respect et de la reconnaissance de la Nation. Les soldats français et leurs familles ont besoin du soutien de la Nation, et dans la notion de soutien il y a la nécessité pour le gouvernement de rassurer nos soldats. Ce n’est pas le cas. Il n’est pas acceptable de priver la Nation et nos soldats du débat qui leur est dû et de qualifier ce débat démocratique de polémique. Il en va du rôle de la représentation nationale dans une circonstance aussi dramatique pour la France. »