Message codé

Article publié le 22 novembre 2006
Article publié le 22 novembre 2006

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

L'oeil méfiant et le nez morveux, un jeune homme s'appuie contre le mur et soupire « Well, have a butcher's at dem bacons! » Une jeune femme dont les jambes avaient attiré l'attention du garçon, se lève, l'air fier, sourit avec dédain et s'en va. L'argot de l'Est de Londres, incompréhensible pour les néophytes, aime à remplacer les mots par d'autres expressions qui ont la même sonorité. « Have a look » (jeter un oeil) devient «have a butcher's hook » [avoir un crocher de boucher] ou encore « have a butcher's » [en avoir un de boucher]. Quant aux « legs » [les jambes], elles deviennent « bacon and eggs » [des oeufs et du bacon] Les hommes qui sortent s'envoient souvent quelques « Britneys » Référence à Britney Spears dont le nom rime avec « beers » [bière]. Mais cette façon de coder le message n'est pas le seul fait des fameux ‘cockneys’ -les habitant de l'Est de Londres-. En Catalogne, des oreilles curieuses seront surprises d'entendre les filles murmurer « tinc-pi, ga-pa nes-pe de-pe fer-pe u-pu na-pa bo-po ge-pe » pour dire « Tinc ganes de fer una bogeria » [j'ai envie de faire une bêtise]. Des syllabes en -P sont ainsi ajoutées au mot pour brouiller le message. De même, en France, l'habitude d'inverser l'ordre des syllabes au sein des mots est apparue au XX siècle dans les técis des banlieues. Il est fort à parier que notre jeune cockney aurait plutôt « shéfla sur la meuf » plutôt que de parler de bacon et d’oeufs.