Message à la jeunesse européenne : le futur est de notre côté

Article publié le 30 juin 2016
Article publié le 30 juin 2016

[OPINION] Pour une Allemande vivant à Londres, vendredi dernier n’a pas été des plus agréables. Mais plutôt que de s’asseoir et de s’apitoyer sur leur sort, les jeunes devraient saisir l’opportunité de se faire entendre. Ne désespérons pas, agissons ! 

Je ne suis pas quelqu’un de très optimiste. Les semaines précédant le référendum, j’ai fait de mon mieux pour convaincre mes ami(e)s de s’inscrire sur les listes électorales et je leur expliquais pourquoi il était plus raisonnable de voter pour le maintien. Je suis une doctorante allemande qui vit à Londres, je fais partie de ces migrants européens dont ils ont tant parlé récemment, tu vois ? J’ai suivi le débat de près et je ne me permettais pas d’être trop optimiste. Mais alors que le 23 juin approchait, j’ai commencé à penser que peut-être, je dis bien peut-être, tout finirait bien. Nous pourrions travailler sur la meilleure façon de réformer l’Union européenne. Je suis allée me coucher, éreintée après une longue journée de travail, qui plus est stressante, et pour la première fois depuis des lustres, j’ai dormi comme un bébé, sans me réveiller constamment. J’ai fait tout ce que j’ai pu, et il ne nous restait plus qu’à attendre. Je pensais être prête, parée à toute éventualité.

Mais je ne l’étais pas.

J’ai été réveillé par un texto à sept heures du mat’. J’en avais déjà reçu un paquet en fait, la plupart d’entre eux ne contenant que des émojis tristes et/ou des jurons. Je me sentais engourdie. Et en allumant l’ordinateur, je commençais à entrevoir les conséquences d’un tel choix : Nigel Farage admet les mensonges de la campagne pro-Brexit, et personne n’y prête vraiment attention. Le Sinn Féin (parti irlandais, ndlr) affirme que le gouvernement britannique « a perdu tout pouvoir quant à la représentation des intérêts politiques et économiques du peuple d’Irlande du Nord » - franchement, ils ont raison. Évidemment, c’est la fin de la livre. L’Écosse se prépare pour un nouveau référendum. Et, enfin, David Cameron démissionne et abandonne le pays dans le chaos qu’il a engendré. Ses faibles qualités de dirigeant ont scindé le pays, détruit la cohésion sociale, trompé les électeurs, laissé les frustrations croître et prospérer, et ébranlé le plus grand projet de paix que le continent ait connu depuis sa conquête quasi totale par les Romains. Et si j’ai bonne mémoire, la Guerre des Gaules n’est pas ce qu’il y a de plus pacifique. L’atmosphère était lourde. Tous ceux que j’ai croisés étaient désespérés. Le « Projet de la peur » s’était transformé en « Projet réalité », et l’avenir semblait incertain et effrayant.

Mais ce ne doit pas être la fin ! Prenez une douche froide et écoutez-moi. Nous ne devons pas désespérer. Nous devons prendre cela pour un cri de ralliement. Nous devons nous politiser. Nous devons agir. Nous organiser. Nous, les enfants de l’UE, devons grandir et nous battre pour ce en quoi nous croyons. Nous ne pouvons pas prendre le risque que la France, l’Espagne ou la Grèce quittent l’Union européenne à leur tour. Nous sommes la génération Easyjet, la génération Erasmus. Nous devons cesser de cliquer sur « intéressé » et signer les pétitions Avaaz, et faire quelque chose, vraiment. Diffuser les connaissances et contrer la propagande. Nous ne savons peut-être pas encore comment, mais je suis sûre que nous l’emporterons. Pour l’heure, les ennemis du progrès peuvent bien se sentir extrêmement forts, mais nous vaincrons. Le futur est de notre côté. 

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Il nous a été officiellement interdit de citer les Clash, mais la question rappelle bel et bien cette fameuse chanson. Le 23 juin prochain, les citoyens britanniques se rendront aux urnes pour décider, ou pas, du maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Huge. Tant et si bien qu'on a 2 ou 3 choses à dire sur le sujet. Retrouvez notre dossier très costaud sur la question du Brexit.