Mazurier: le combat continue mais les activistes climatiques ont gagné de nombreuses batailles en 2014

Article publié le 8 janvier 2015
Article publié le 8 janvier 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le changement est en route. Cela pourra prendre quelques années encore pour y arriver, mais les dirigeants mondiaux ont démontré en 2014 que la lutte climatique est une priorité pour toutes les nations. Et c’est une bonne nouvelle puisque l’année écoulée a été l’une des plus chaudes jamais enregistrées, si ce n’est la plus chaude.

Christophe Mazurier, financier renommé et activiste climatique dans son pays d’adoption, les Bahamas, affirme que 2014  représente une année charnière dans la lutte contre le changement climatique après la longue période où ses effets ont été ignorés. Lors d’évènements majeurs comme le Sommet sur le Climat de l’ONU à New-York en septembre, la troisième Conférence annuelle des petits États insulaires en développement à Samoa ou le sommet du G20 à Brisbane, Australie, le changement  climatique était sur le devant de la scène. Le sujet ne pouvait être évité, ignoré ou balayé sous le tapis. Enfin la science et l’activisme sont parvenus à une action politique.

Pendant la première moitié de l’année 2014, des gouvernements comme les États-Unis ont accrédité les preuves scientifiques des effets du changement climatique. Les rapports comme l’Évaluation du climat national des États-Unis, publiée en mai, ont contribué à un consensus international sur la réalité du changement climatique, sur ses préjudices, et à la nécessité de l’aborder. Mazurier, qui surveillait de très près les évènements sur le  climat de l’année, a déclaré que la reconnaissance globale du changement climatique va contribuer à faire des sommets ultérieurs et des conventions politiques des poudrières pour le changement.

Les questions ont commencé à être abordées début septembre lors de la troisième Conférence internationale des Nations Unies sur les petits États insulaires en voie de développement (PEID). Le sommet s’est tenu pour la première fois en dix ans à Samoa et a mis en lumière les problèmes auxquels doivent faire face aujourd’hui les 51 nations de faible altitude et côtières. Le principal problème ? Le changement climatique. Les Bahamas, dont la situation critique a été  soulignée par Mazurier dans le mode développé, sont la cinquième nation le plus en danger à cause du changement climatique. Les PEID comme les Bahamas et ses voisins Caribéens  ont passé beaucoup de temps pendant le sommet à travailler avec des entreprises privées, des organisations non-gouvernementales et avec  des représentants de gouvernements de pays plus grands et plus développés pour développer la sensibilisation.

Des semaines plus tard, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, partisan infatigable de l'activisme climatique, révèle ce qu’il a appris avec PEID à la Semaine du climat des Nations Unies à New-York. La convention fut un coup de tonnerre dans la lutte climatique, avec des marches de protestation et des discours passionnés ainsi qu’avec l’accord et la reconnaissance des dirigeants politiques et économiques. Les quelques sceptiques furent noyés par les engagements de milliards de dollars pour le Fonds Vert pour le climat réalisés par les États-Unis, la chine et la France.

Peu de temps après, les nations qui sont collectivement responsables de 50% des émissions mondiales de CO2 se sont mises d’accord pour les réduire en prenant des mesures de grande ampleur. L’Union Européenne, en tête, a annoncé qu’elle réduirait ses émissions de 40% avant 2030. La Chine et les États-Unis ont convenu ensemble de rédiger une nouvelle législation qui entraînerait des réductions significatives.

Au sommet du G20 de Brisbane, Australie, en novembre, ces mêmes nations n’ont pas clôturé la conférence avant d’avoir mis l’accent sur le besoin d’une action climatique. L’Australie, productrice importante de charbon, a essayé de marginaliser le problème, mais sans succès. Le communiqué final du sommet s’est assuré que les nations du G20, qui représentent 85% de l’économie mondiale, seraient fortement encouragées à adopter une loi pour réduire les émissions.

Un mois plus tard, l’accord de Lima a été signé au Pérou pendant la 20ème Conférence des Parties de la CCNUCC, et pour la première fois dans l’histoire toutes les nations ont reconnu le changement climatique et ont décidé de remédier à leur législation nationale sur le climat.

C’était encore un point marqué en faveur de la lutte climatique contre les sceptiques avant le début de 2015.

Seront-ils vaincus en 2015 ? Comme d’autres responsables et militants, Mazurier est plein d’espoir pour l’avenir grâce aux avancées de 2014.