Marc Jolivet : « Je ne suis plus écolo… à vous de l’être. »

Article publié le 19 décembre 2009
Article publié le 19 décembre 2009
Kidnappé par le GIGN, l’humoriste engagé de longue date dans l’écologie est chargé par les trois « O » : Sarko, Borloo et Hulot de dresser un état des lieux de la situation au pôle Nord. Tout juste rentré de mission, il a accordé une interview à l’équipe du Puy Babel.

Par Aude Delignères et Néo Philduvant

Le Sémaphore de Cébazat a accueilli mercredi Marc Jolivet et son « mammifrère », un animal de compagnie quelque peu encombrant : un ours blanc rencontré lors de son voyage au pôle. Son nouveau spectacle Mon frère l’ours blanc est en constant renouvellement et prend en considération les grands événements comme les faits divers de l’actualité. On déambule entre les interventions de notre « omni-président »,  les stocks de vaccin contre la grippe A qu’il va bien falloir écouler, l’état de santé de Johnny et les « merveilles » d’un monde saturé de technologie sous l’œil toujours ouvert des caméras de surveillance. D’ici peu de jours, le spectacle devrait connaître un changement important avec l’issue du sommet de Copenhague. L’artiste attend pour se prononcer. Y aura-t-il des avancées significatives ou ce raout politico-médiatique se soldera-t-il par une « Copenblague » ? La réponse dans quelques jours.

corps_de_texte__1_.jpg Engagé dans l’écologie depuis la fin des années 1970, il s’était même présenté en 1989 aux municipales dans le Ve arrondissement parisien face à Jean Tibéri. Ce n’était pas selon lui une démarche politique mais une façon de montrer son engagement : un acte citoyen un peu plus fort. Désintéressé par la politique et les luttes de pouvoir, il est affligé par les querelles politiques qui lui semblent encore plus vaines face à l’urgence liée au changement climatique. Si les bons scores d’Europe Écologie aux élections européennes du printemps dernier sont encourageants, il craint une grosse gifle aux prochaines régionales. Avec malice, il propose la dictature écologiste ou continuer à se voiler la face et opter pour un gouvernement Claude Allègre et Patrick Sébastien.

Il le sait, l’écologie est « tendance », si bien que tout le monde est écolo puisque « l’homme est bien obligé de se préoccuper de l’état de sa planète s’il ne veut pas disparaître ». Si nous sommes tous devenus écolo, même les plus gros pollueurs, personne ne l’est plus vraiment. Il affirme « je ne suis plus écolo, c’est à vous de l’être », rajoutant « ce que je veux, c’est être un artiste bankable ». Il croque avec plus ou moins d’ironie les puissants ou les célébrités qui surfent sur la vague verte pour améliorer leur image de marque. L’engagement pour la planète n’est pas qu’une histoire de com’, ce sont des actions au quotidien. L’humoriste claironne qu’il n’a pas pris l’avion depuis trente-cinq ans.

Et dans une adaptation libre de L’Eau ferrugineuse, il nous présente la fabuleuse histoire du vin bio et des mérites de cette boisson à boire « avec modération… et régularité ».

corps_de_texte.jpgSur scène, accompagné de sa talentueuse violoniste Sandrine Mazzucco, il tient son public en respect à coup d’attaques à trompette armée. Puis, avec des airs de clown russe il est rejoint par son compère l’ours blanc, dévoreur de pianiste, de régisseur et sans doute de Michael Jackson, à en juger par le magnifique moonwalk réalisé par Guy Laporte. Enfin, parodiant avec finesse Chaplin dans Le Dictateur, Marc Jolivet berce tendrement un globe terrestre luminescent au milieu d’un plateau plongé dans la pénombre. Avec poésie il nous rappelle les douleurs que nous infligeons chaque jour à notre mère la Terre.

Entre les sirènes alarmistes qui affirment que c’est déjà trop tard et ceux pour qui le réchauffement de ces dernières années appartient au cycle normal de la Terre, ne vaut-il mieux pas en rire, justement parce que c’est grave ? Rire et agir au quotidien.

Photographies : marcjolivet.fr