L’Université « Hors les murs » ou le principe de la grève active

Article publié le 17 février 2009
Article publié le 17 février 2009
Jusqu’à vendredi, de nombreux enseignants chercheurs de la toute nouvelle Université de Strasbourg se succèdent à la Libraire Kleber pour une semaine de cours « hors les murs ».
Roland Pfefferkorn, professeur de sociologie à la toute nouvelle Université de Strasbourg est notamment revenu sur les motivations des intervenants : « on participe à cet événement pour montrer qu’on peut être en grève active, c’est-à-dire continuer à exercer notre métier et contribuer à la diffusion des connaissances y compris quand on est en grève ». Aller vers le grand public pour qu’il comprenne mieux « ce que cela implique de faire un travail d’enseignant chercheur ».

Parmi les différents intervenants, on comptait aujourd’hui Paul Dumont, Directeur du département d’études turques de Strasbourg. Son intervention sur le « Tropisme européen de la Turquie » a permis de faire le point sur l’aspiration de la Turquie a adhérer à l’Union européenne. « Musulmane et située à la croisée des continents, au cœur de l’ancien monde, la Turquie a-t-elle sa place dans l’Europe ? » Si l’ouverture officielle des négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne ont replacé au centre de toutes les attentions une question qui suscite aujourd’hui des débats passionnés, les relations euro-turques sont à replacer dans une perspective historique. Au temps de son apogée, « l’Empire ottoman, balkanique et méditerranéen tout autant qu’oriental, était déjà fasciné par l’Europe et ses souverains se présentaient volontiers comme les héritiers des empereurs romains ». Au début du 19ème siècle, alors que les réformes institutionnelles se multiplient, c’est à nouveau vers l’Europe que vont se tourner les regards. « Qu’il s’agisse de la création d’une armée moderne, de la promulgation de nouveaux codes, de la réorganisation de l’administration, de la mise en chantier d’un nouveau système éducatif, ou bien encore, de l’adoption de toute une série de mesures visant à changer les mentalités et les modes de vie », les réformateurs turcs vont largement se tourner vers le modèle européen. De son côté, l’Europe fera beaucoup pour entretenir ce tropisme. Dès le début du 19ème siècle seront jetées les bases d’un partenariat économique et politique avantageux pour les « Puissances européennes ». Protection des minorités, respect des Droits de l’Homme, réformes politiques seront autant de contreparties à une relation euro-turque soumise ces dernières années aux revirements et atermoiements politiques des différents Etats membres de l’Union.

Armağan GÖZKAMAN

Retrouvez le programme de la semaine sur le site de la librairie Kléber

Crédit photo: Julien Narboux/Flickr