L'Union Européenne donne son feu vert à la transition énergétique

Article publié le 4 octobre 2016
Article publié le 4 octobre 2016

Les ministres de l'Union européenne ont approuvé l'Accord de Paris sur le climat. Jusqu'à maintenant, 61 états responsables de près de 48% des émissions globales ont ratifié le traité. Quelles sont les prochaines étapes?

Vendredi dernier, les ministres de l'Union européenne ont approuvé la ratification de l'Accord de Paris, lors d'une réunion extraordinaire du Conseil de l'Environnement à Bruxelles.

"Je compte maintenant sur le Parlement Européen pour finaliser la procédure la semaine prochaine. Jusqu'ici, 61 états, responsables de près de 48% des émissions globales ont ratifié l'accord," a déclaré Miguel Arias Cañete, le Commissaire Européen à l'Action pour le Climat.

Une fois que le Parlement aura donné son feu vert, le Conseil adoptera formellement la décision. L'accord entrera officiellement en vigueur une fois que 55 états responsables de plus de 55% des émissions globales auront déposé leurs instruments de ratification.

Au Royaume-Uni, le traité sur le climat sera débattu et fera l'objet d'un vote cette semaine à la Chambre des Communes. Globalement, les responsables de l'ONU se veulent optimistes, et prévoient l'entrée en vigueur du traité d'ici la fin de l'année.

L'Accord de Paris

Depuis que le monde entier a reconnu la nécessité de maîtriser les émissions de combustible fossible à la conférence de Paris, en décembre 2015, l'énergie propre est s'est démocratisée, du moins en théorie. La conférence a été présentée comme un grand succès, grâce à la présence inédite de 195 états réunis pour adopter le tout premier accord, global et universel, juridiquement contraignant. L'un des principaux objectifs est de maintenir le réchauffement climatique global en dessous de 2°C par la diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Energie populaire

Le marché actuel de l'énergie glisse d'un marché centralisé à une sorte "d'approche communiste", dans laquelle la population peut jouer un rôle fondamental en produisant sa propre énergie, et par conséquent en influençant la demande du marché. 

Une prévision récente de Greenpeace révèle la capacité de production énergétique des citoyens de l'UE en 2050. Selon ce rapport, les petites et moyennes entreprises (PME) pourraient produire 39% d'électricité, et les coopératives - comme l'énergie produite par les éoliennes, représenteront 37% de l'énergie produite. Les foyers produiront 23% de l'énergie globale, et 1% pourrait être généré par les lieux publics, comme les hôpitaux et les écoles.

Toutefois, pour atteindre cet objectif, l'ONG exhorte la Commission à créer un cadre législatif pour "protéger, soutenir et promouvoir l'énergie citoyenne au sein même de l'Union Energétique", ce qui selon elle est un levier majeur dans la lutte du changement climatique. 

Dans les coulisses des laboratoires et des cabinets

Interrogé par l'Energy Post, Jean-Paul Chabard, directeur scientifique du département Recherche et Développement d'EDF a déclaré que "le stockage de l'électricité est le Saint Graal du producteur d'électricité". Acteur majeur de la R&D en Europe, ce département d'EDF consacre 60% du budget qui lui est alloué aux énergies renouvelables et à leur stockage, aux nouveaux modes d'utilisation de l'électricité, au réseau électrique et notamment aux réseaux isolés. 

Giovanni La Via, euro-député de centre-droite et président du comité de l'environnement du Parlement a indiqué que "beaucoup de travaux législatifs allaient être mis en oeuvre sur le climat" afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre de manière significative. "Nous devons également travailler sur la performance énergétique et les énergies renouvelables afin de réduire la production de gaz à effet de serre, et stocker le CO2 dans le sol ou ailleurs sans remettre en question la compétitivité."

La bonne nouvelle, c'est qu'il y a deux opportunités en or d'améliorer les résultats avec les analyses de 2016 de la Directive Energie Renouvelable et le Market Design Initiative. Les décideurs ont aujourd'hui l'occasion de travailler à la mise en oeuvre de modes de transition durables et abordables vers des énergies renouvelables. La question est la suivante : vont-ils saisir ces opportunités?

La faute au plan d'investissement de Juncker

Un rapport conjoint rédigé par cinq acteurs environnementaux suggère que des améliorations importantes devraient être apportées au plan d'investissement Juncker. Cette étude dévoile que les fonds à l'origine affectés au développement durable de l'environnement sont détournés vers les projets dégageant du gaz carbonique, et des infrastructures tournant au carburant fossile. 

Sebastien Godinot, économiste pour WWF Europe, pense que "le plan Juncker devrait être utilisé pour agir pour le climat, pas contre lui. Il n'a aucune raison de soutenir des investissements dans l'infrastructure gazière alors que la consommation de gaz en Europe est en baisse. Au lieu d'investir dans des infrastructures coûteuses et polluantes, qui n'auront probablement pas d'avenir, nous devons nous concentrer sur la performance énergétique et les solutions privilégiant l'énergie renouvelable."