L’Union européenne : avec ou sans toi ?

Article publié le 16 juin 2016
Article publié le 16 juin 2016

Ce sont onze référendums qui se sont tenus au Royaume-Uni depuis 1975 : se concentrant sur la question de la décentralisation, la souveraineté, et plus d’indépendance pour le pays. Le 23 juin, non seulement les Britanniques, mais tous les européens suivront les résultats de ce nouveau plébiscite qui commandera le futur de la Grande-Bretagne. Mais quelle est la complexité de ce débat ?

La Grande-Bretagne a toujours été un membre réticent de l’Union européenne (UE). En effet, la question de l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’UE remonte à l’époque de l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté économique européenne (CEE), en 1973. Edward Heath, alors leader des Conservateurs, était responsable de cette décision audacieuse. Cependant, son opposant travailliste Harold Wilson, avait dès le début été en désaccord avec les conditions d’entrée du Royaume-Uni dans l’Union. C’est donc pourquoi après son élection en 1974, il appela à l’organisation d’un référendum pour renégocier la position du Royaume-Uni dans le CEE. Le référendum s’était tenu en Juin 1975.

Participation citoyenne

Le vendredi 26 mai, la BBC diffusait le « Question Time » à Ipswich, et modéré par David Dimbleby. Le débat était léger et les britanniques, y compris ceux descendant d’immigrés, avaient l’opportunité de poser la question et faire part de leurs doutes et peurs.

Les participants à ce débat (un parmi tant d’autres) étaient : David Davis député conservateur, l’ancien leader travailliste Ed Miliband, l’ancien leader vert Caroline Lucas, et le conseiller de David Cameron, Steve Hilton.

Madame Lucas a souligné que le Royaume-Uni a plus besoin de l’UE que l’UE n’a besoin du Royaume-Uni. Quant à M. David Davis, il considère que cette campagne résulte de l’émergence d’une bataille entre l’Establishment et le peuple, et il en a appelé à un vote du Brexit pour un modèle économique semblable à celui du Canada. Un pays qui bénéficie d’accords de libre marché et de contrôles aux frontières. Ed Miliband, fils d’un père Belge et d’une mère Polonaise, a montré son soutient au camp du « remain » en insistant sur la coopération pour des questions telles que la sécurité, le terrorisme, et le changement climatique. En effet, le leader du Labour actuel, Jeremy Corbyn, avec Ed Miliband sont sur le point de lancer un appel commun sur le sujet du changement climatique.

Globalement, les Britanniques sont surtout perdus et inquiets. Les sondages, les nombres et les graphiques envahissent le web et les rendent perplexes. Les arguments en faveur de la sortie sont très théoriques et le futur, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE, est plus qu’incertain. Les arguments les plus forts se concentrent sur l’immigration, la sécurité, le terrorisme et bien sûr le fondement du pays : l’économie et la stabilité financière. 

Les arguments pour la sortie blâment le flux d’immigrants entrant au Royaume-Uni, les accusant de « voler » leurs emplois, ce qui entraîne une montée de l’insécurité et un changement d’identité dans le pays. Ils ressentent également une perte de pouvoir de négociation du Royaume-Uni, ainsi que son influence d’acteur international, en temps que membre de l’UE. Leur argument est de montrer qu’ils seraient plus fort à l’extérieur de l’UE, tout en restant membre du Commonwealth, et avec plus de pouvoir pour décider de leur futur.

Dans le camp opposé, les arguments se concentrent sur la stabilité économique et le processus symbiotique existant entre l’UE et le Royaume-Uni quand on en vient au commerce et aux investissements. Les « pro-remain » accusent également leurs adversaires de faire une erreur de jugement en montrant la contribution nette des immigrants (UE et non-UE) au pays. En effet, plusieurs études à propos des effets fiscaux de l’immigration au Royaume-Uni ont montré que les immigrants apportent une contribution positive, même durant les périodes où le Royaume-Uni était en déficit budgétaire.

Un jeu de pouvoir

Nous faisons face à un débat très complexe, et même si certains utilisent le Brexit pour mettre en avant leurs agendas politique, que ce soit dans le camp du remain ou du leave, ce n’est pas (ou ce ne devrait pas être) une bataille politique. David Cameron s’est engagé à tenir ce référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE en 2014, réclamant une renégociation ferme du système d’Etat-Providence au Royaume-Uni et appelant à une réel possibilité d’une sortie du pays de l’Union si ses exigences n’étaient pas atteintes.

En février 2016, après de longues discussions et réunions à Bruxelles, Cameron avait réussi à conclure un accord avec l’UE dans lequel un « statut spécial » était accordé au Royaume-Uni au sujet des migrants. A partir de ce moment, Cameron a annoncer qu’il ferait campagne à corps et âmes pour que le Royaume-Uni reste dans l’Union. Ce traitement spécifique accordé au Royaume-Uni est arrivé avec sa dose de controverse puisque d’autres Etats membres y ont vu une chance d’appeler à une renégociation de leur place.

Au début du mois de février 2016, l’ancien maire de Londres, Boris Johnson a surpris David Cameron en annocnçant qu’il soutenait la campagne pour la sortie de l’Union. Cette annonce a également causé polémique, certains accusant Johnson d’avoir en tête les prochaines élections générales. Récemment, durant sa campagne, il a accusé l’UE d’essayer de créer des « Etats-Unis d’Europe ». Nigel Farage, le leader du United Kingdom Independent party (UKIP) affirme que les Conservateurs risquent de perdre un grand nombre de membres si jamais les britanniques décidaient de rester dans l’UE.

L’Ecosse

Des inquiétudes ont également émergées en Ecosse. Si les résultats des votes écossais sont confrontés à une majorité de « leave » l’UE, les chances sont très fortes que cela créé un nouvel appel à l’indépendance de l’Ecosse a expliqué Alex Salmond, ancien dirigeant du Scottish National Party (SNP). En septembre 2014, un référendum s’était déjà tenu en Ecosse pour déterminer sa permanence au sein du Royaume-Uni, et le désir de rester (55,30%) à surpasse le désir d’indépendance (44,70%).

Outre-mer

Donald trump le candidat GPO controversé pour la course à la Maison blanche a publiquement expliqué qu’il n’accorderait pas un traitement différent au Royaume-Uni si les britanniques décidaient de sortir de l’UE. Le Premier Ministre David Cameron lui a répondu en le décrivant prétendument comme « stupide, conflictuel, et faux » durant le récent sommet du G7 sur ses croyances en une « relation spécifique » avec les Etats-Unis, peu importe le candidat élu.

Le président Barack Obama, et le Premier Ministre Canadien Justin Trudeau sont des ces quelques figures publiques qui ont exprimé leur soutient à la campagne du « remain ». Les conclusions du G7 ont souligné qu’un Brexit représenterait un danger pour la croissance mondiale. En outre, la presse européenne semble tendre vers la possibilité du « remain ».