L’Ukraine, marionnette piégée ?

Article publié le 6 mars 2014
Article publié le 6 mars 2014

La machine diplomatique mondiale est en ce moment complètement embourbée dans le dossier ukrainien, tirant les ficelles des négociations et exerçant une forte pression sur le pays. Les déclarations et les accusations des dirigeants politiques planent au dessus de l’Europe, de la Russie et des Etats Unis et atterrissent toujours en Ukraine.

Les divisions linguistiques, ethniques et culturelles ont augmenté de façon exponentielle ces derniers mois ; la communauté internationale, malgré certains efforts, ne parvient toujours pas à y trouver le bon remède.

Des sanc­tions in­ap­pli­cables

Sur le ring in­ter­na­tio­nal, la Rus­sie est plus que dis­po­sée à in­ter­ve­nir mi­li­tai­re­ment pour dé­fendre ses propres in­té­rêts, elle l’a déjà prou­vée en Ré­pu­blique Au­to­nome de Cri­mée. Les Etats Unis, le deuxième ad­ver­saire, a me­nacé la Rus­sie de mettre en place des sanc­tions éco­no­miques (pays qui re­pré­sente seule­ment 1% du com­merce outre at­lan­tique). Le géant amé­ri­cain a ce­pen­dant reçu en ré­ponse le même aver­tis­se­ment de la part de la Chine, al­liée fi­dèle du pré­sident Russe Vla­di­mir Pou­tine, ren­dant ainsi toute ma­nœuvre im­pos­sible.

Dans le der­nier coin du ring se trouve le Conseil de l’Union Eu­ro­péenne. Il se réunit ex­tra­or­di­nai­re­ment ce jeudi 6 mars pour tra­cer une feuille de route et ainsi dé­ci­der des po­ten­tielles sanc­tions en­vers la Rus­sie. Cette der­nière op­tion, pré­fé­rée par les Etats Unis, pour­rait res­ter lettre morte à cause de la dé­pen­dance éner­gé­tique des pays membres de l’UE. La Rus­sie four­nit en­vi­ron 30% du gaz et du pé­trole à cette der­nière, et re­pré­sente le troi­sième par­te­naire com­mer­cial de l’UE au ni­veau des ex­por­ta­tions. Fait in­té­res­sant, l’Ukraine est aussi le pays par le­quel passe 80% du gaz Russe en ter­ri­toire eu­ro­péen. *Voir carte des pi­pe­lines ukrai­niens.

Le sou­tien éco­no­mique, quelles consé­quences ?

Le poids lourd de l’UE, An­gela Mer­kel, s’est mon­tré fa­vo­rable à une mé­dia­tion ; un fait com­pré­hen­sible si on sait que 36% de la consom­ma­tion al­le­mande de gaz est im­por­tée de Rus­sie. Il a été ré­cem­ment dé­cidé de sou­te­nir éco­no­mi­que­ment l’Ukraine : les Etats Unis ont pro­posé de prê­ter 1 mil­liard de dol­lars tan­dis que l’UE a elle pro­posé 11 mil­lions. Dans cette même idée, le pré­sident de la Com­mis­sion Eu­ro­péenne, José Ma­nuel Bar­roso, a dé­claré que « c’est la pre­mière fois en plu­sieurs an­nées que nous pou­vons per­ce­voir une réelle me­nace à la sta­bi­lité et à la paix glo­bale ».

Dans ce com­bat glo­ba­lisé c’est l’Ukraine qui prend tout les coups, il ne faut pas ou­blier que cette « me­nace réelle et glo­bale » vient d’un ni­veau local et peut dé­bou­cher sur la frac­ture d’un pays, ou au pire, une confron­ta­tion ci­vile.

*http://​www.​businessinsider.​com/​heres-one-economic-reason-russias-invasion-of-crimea-pulls-in-europe-2014-3#​ixzz2v5XkV62D