L’UE réforme le secteur de l’audit

Article publié le 29 mars 2012
Article publié le 29 mars 2012
Par Alfonso de Cea Des membres de la Commission Européenne, des directeurs d'entreprises privées et des représentants de comités d’audit se sont réunis le 27 Mars au Parlement Européen pour discuter de la qualité de l'audit européenne sous le slogan : "Improving audit quality across Europe". Comment renforcer la croissance économique des entreprises?

La Commission présente sa réforme

La proposition de réforme du secteur de l’audit a été présentée le 30 novembre 2011 par la Commission européenne. Cette réforme modifie l’ancienne directive de 2006 en mettant fin à la concentration du marché de l’audit. La mesure clé du projet initial est d’établir ‘l’audit conjoint’, c’est à dire que l’on a besoin d’un conjoint de normes équitables et de qualité de façon à transformer le marché. La Commission doit adopter la réforme au niveau mondial afin d'éviter l’éventail de mesures que chaque pays a adopté.

Ici, il s’agit de réduire le risque de conflit d’intérêts en améliorant la crédibilité du secteur. Parmi les objectifs de cette reforme : assurer l’indépendance de l’audit, promouvoir une ouverture du secteur et revoir le modèle économique des quatre gros cabinets (Deloitte, Ernst & Young, KPMG et Pricewaterhouse Coopers). En outre, la Commission veut privilégier la rotation de l’auditeur pour limiter son contrôle des comptes d’une même entité d’intérêt public (EIP) dans un période comprise entre deux et cinq ans.

Critères de qualité et désaccord

Selon la Commission Européenne, les cabinets doivent comprendre qu’il faut changer les règles du jeu. Pourtant, il y a encore divergence d'opinion quant aux formes. Liz Murrall, Investment Management Association : « Les investisseurs ne sont pas impliqués au débat sur la qualité des audits. Il faut exiger une plus grande transparence de la part des auditeurs ainsi que des comités d’audit ».

Philip Johnson, président de la Fédération d’Experts Comptables Européens (FEE), se montre aussi méfiant: « Certaines propositions de la Commission sont nuisibles. Ça pourrait réduire le niveau d'expérience d'audit, ce qui devient le métier moins attrayant ». Pour François Desmarchelier, director de la Association Française des Entreprises Privées (AFEP), c’est une question de temps: « On s'engage à vérifier un marché plus ouvert, mais les mesures doivent se mettre en œuvre progressivement ».