L’UE bannit le lait chinois mais sert du café toxique aux commissaires

Article publié le 5 décembre 2008
Article publié le 5 décembre 2008

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Si le principe de précaution vaut pour le commerce extérieur, et pour les produits en provenance de Chine, les commissaires européens ne se sont pas suffisamment méfiés des machines à café super chics qui ont été installées dans leur quartier général. Car du plomb et du nickel ont été retrouvés dans leurs gobelets…

Après avoir interdit, en septembre 2008, les produits laitiers en provenance de Chine, l’UE a décidé d’étendre ces restrictions à d’autres produits alimentaires de l’Empire du Milieu, le 3 décembre dernier. Des niveaux élevés de mélanine avait été découverts dans les œufs chinois et les aliments à base de soja… « Principe de précaution », déclare la Commission européenne qui a ordonné de faire des analyses sur tous les produits contenant des traces de soja, de lait, d’œufs et de levure. C’est-à-dire, toutes les gourmandises que l’on peut trouver dans les épiceries chinoises partout en Europe. 

(World Economic Forum/flickr)Ces sanctions sont évidemment bien accueillies par les consommateurs, les politiciens et les agriculteurs… Mais pendant que les commissaires européens tatillonnaient sur le commerce extérieur, ils n’ont pas remarqué qu’ils s’intoxiquaient eux-mêmes à grandes lampées de cafés depuis le mois de janvier dernier. On a en effet retrouvé dans la boisson des taux bien trop élevés de nickel et de plomb.

C’est un employé autrichien du Berlaymont, le quartier général de la Commission européenne à Bruxelles, qui a fait remarquer le drôle de goût de son cappuccino après que les veilles machines dont il disposait ont été remplacées par vingt machines ultramodernes et design fabriquées en Italie. 100 000 euros ont été dépensés pour ce petit plaisir « Starbucks » : pas moins de 5 000 euros par distributeur ! L’addition salée s’ajoute aux risques sérieux pour la santé des consommateurs…

« Pourquoi les leaders européens auraient-ils besoin de machines à café de luxe, alors que les vieilles étaient toujours en très bon état de marche ? » Le commissaire allemand chargé de l’industrie, Günter Verheugen, a fait cette remarque fort impertinente au journal Der Spiegel. La réponse, nous ne l’aurons sûrement jamais car ce genre de responsabilités est largement délégué au sein du Berlaymont et il est difficile de savoir à qui s’adresser. Tant qu’il n’y a pas de lait chinois à la mélanine dans le cappuccino bruxellois… pas de quoi plomber l’atmosphère en s’inquiétant outre-mesure !