Louis Michel, positif face à la crise de L'Europe

Article publié le 31 janvier 2012
Article publié le 31 janvier 2012
Par Dumont Aurélie Louis Michel est un des hommes phares du monde politique belge. Ce n’était pourtant pas sa première passion... Né en 1947, il a obtenu un régendat en langues germaniques et a enseigné l’anglais, l’allemand et le néerlandais jusqu’en 1978.
Membre et ancien dirigeant du parti libéral (MR), on entend surtout parler de lui ces dernières années pour son investissement en République démocratique du Congo (RDC), ancienne colonie belge entre 1908 et 1960. Celui qui est surnommé affectueusement par les belges « Big loulou » est sur le devant de la scène politique depuis 1977.

Il est passé par des postes tels que ceux d’échevin, bourgmestre, ministre, commissaire européen et, actuellement, de député européen. Sa vision de la crise, qui fragilise pour le moment l’unité européenne, est positive et pleine d’espoir. Il réaffirme que l’Europe est « un continent qui fait rêver ».

Après le sommet européen qui s’est tenu à Bruxelles le 8 et 9 décembre dernier, certains émettent quelques doutes par rapport à l’avenir de l’Union Européenne. La monnaie unique est au cœur de toutes les polémiques. De l’euro aux solutions à envisager, le politicien a un avis bien tranché. Rencontre avec un amoureux de l’Europe.

Les 27 se sont réunis le 8 et 9 décembre. Au programme : la crise économique et la volonté d’établir un plan de mesures d’austérité. Des mesures positives selon Monsieur Michel : « Les décisions prises lors du Sommet européen des 8 et 9 décembre vont dans la bonne direction surtout avec le renforcement de la discipline budgétaire. On ne peut pas laisser croire au citoyen qu’on peut continuer à ne pas être rigoureux budgétairement. Il ne peut y avoir de croissance sans une remise en ordre des comptes publics. » Une consolidation de la zone euro est donc nécessaire.

L’UE qui, à la différence des Etats n’est pas endettée, devrait pouvoir stimuler l’économie en finançant une reprise par l’investissement. « Le budget de l’Union n’en est pas un car il est fortement réduit par la crise. Il faut le doter de nouvelles ressources propres, mutualiser les dépenses pour donner plus d’efficacité à des politiques communes comme la politique d’aide au développement, la politique de l’immigration, la politique d’investissement… »

Lors du traité de Maastricht, entré en vigueur le 1er novembre 1993, l’idée était de partager une monnaie commune. « Elle a été un bouclier protecteur mais la crise que nous vivons en a montré les limites parce que nous ne partagions pas de politique économique commune et que la coordination des politiques n’a été qu’une juxtaposition des décisions prises au niveau national », affirme le politicien.

L’avenir de l’Union Européenne

L’Union Européenne est soumise à de vives critiques. On parle même de sortie de certains états membres. Dans ce contexte, Louis Michel déclare que « l’UE vit des moments décisifs, qu’elle est à un carrefour de son histoire mais que l’Europe c est avant tout le partage d’une éthique et la recherche du bien commun ».

Avant d’ajouter : « l’UE c’est plus qu’un projet économique c’est un projet de vivre ensemble. La crise que nous vivons est autant culturelle et politique, qu’économique et financière : les défaillances du politique et les excès du marché se nourrissent mutuellement. »

Comment, dès lors, voir un avenir prospère pour l’UE ? Tout est possible et les dirigeants sont en train de proposer des solutions pour remédier à cette crise. Le tout est maintenant de se tenir au plan d’austérité établi. Il est ,en effet, sans doute plus facile de donner des idées et d’établir des contraintes lors d’un conseil européen que de les vivre en tant que citoyen.

Un dernier point abordé par Monsieur Michel est celui de l’élargissement de l’Union Européenne. Un sujet souvent houleux et où l’homme politique donne un avis favorable : « Il ne faut pas avoir peur des élargissements. Demain la Croatie, c’est une excellente chose. Comment peut-on redouter l’intégration des peuples des Balkans au risque de les plonger dans un nouveau cycle de violence et de les priver de perspectives de développement ? Comment ne pas être plus enthousiaste à l’égard de notre promesse d’ouverture à la Turquie ? »

Son engagement en RDC

Lorsqu’il était ministre des affaires étrangères (1999 à 2004) et commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, Louis Michel a largement contribué à instaurer en République démocratique du Congo un processus de paix. Un processus qui a mis fin à la deuxième guerre du Congo en juin 2003 en instaurant un gouvernement de transition (2003-2006).

La situation actuelle en RDC est un des principaux regrets de sa carrière « Cette situation me désespère. Quand je pense à l’énergie, au travail investi, aux efforts fournis pour faire de ce pays une démocratie. Les élections précédentes répondaient aux standards internationaux. Je regrette que la constitution ait été modifiée pour limiter la Présidentielle à un tour ».

Association entre L’Union Européenne et l’Ukraine, l’isolement de la Grande- Bretagne, la hausse des banques, la reconnaissance de Madagascar…autant de sujets qui font ses dernières actualités. Dernièrement, il a également du faire face à de vives accusations qui postulaient que Monsieur Michel « participe au régime de dictatorial de Joseph Kabila », des accusations auxquelles il répond intelligemment, l’homme parlant avec son expérience.

Il fait souvent parler de lui et est très présent dans les médias via les déclarations ou critiques qu’il peut faire sur les différents dossiers de l’UE. Louis Michel n’a pas sa langue dans sa poche et sa succession est d’ores et déjà assurée avec son fils Charles Michel, actuel président du Mouvement Réformateur.