L'opinion de l'Iranienne Maryam Radjavi sur la visite d'Hassan Rohani en Europe

Article publié le 27 janvier 2016
Article publié le 27 janvier 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Maryam Radjavi, est présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne qui réclame l'instauration d'un «Iran démocratique, laïque et non atomique».

Dans un article dans FIGARO VOX, Maryam Radjavi estime qu' "aujourd'hui certains utilisent le mollah Hassan Rohani comme une vitrine de la modération. Mais il suffit de lui demander s'il est pour ou contre les exécutions".

Par Maryam Radjavi

La barbarie qui s'abat sur le monde sous le nom de l'islam, sévit en Iran depuis 37 ans.

Aujourd'hui, mon pays l'Iran affiche le taux d'exécutions par habitants le plus élevé au monde. Au mois de décembre, l'Assemblée générale de l'ONU a exprimé sa préoccupation devant la recrudescence des pendaisons en Iran. Elle a demandé que soit mis fin dans «la loi et la pratique» aux restrictions de la liberté d'expression et de convictions, aux discriminations et aux violations des droits des femmes et des minorités.

Dans mon pays, en se référant à la loi, les femmes sont lapidées, privées de choisir librement leurs vêtements et sous prétexte qu'elles sont «mal-voilées», sont à la merci des persécutions et risquent même les agressions à l'acide, des adolescents sont condamnés à mort et une intolérance absolue sévit. A ce jour, on dénombre 120 000 exécutions politiques. Ce comportement est diamétralement opposé à la culture et la civilisation iraniennes. Elle est aussi en contradiction avec le message authentique de l'islam sous le couvert duquel les dirigeants en Iran se livrent à toutes ces horreurs

Cette barbarie d'un autre temps qui s'abat sur le monde sous le nom de l'islam, sévit en Iran depuis 37 ans, depuis une décennie en Irak et ces dernières années s'est propagée en Syrie et à toute la région.

Mais les attentats à Paris commis au nom de Dieu sont un avertissement amer: que la menace de l'extrémisme islamiste n'est plus limitée qu'au Moyen-Orient.

Cette conception mêle la barbarie antique au fascisme moderne. Elle ne supporte pas la diversité politique et religieuse et qui en plus de prôner la misogynie et la violence, s'attache à les exalter. Son but est d'imposer par la force la charia et ses impitoyables châtiments.

Dès son arrivée au pouvoir en 1979, Khomeini s'est attelé à la répression des libertés en Iran et à l'exportation de l'intégrisme islamiste à l'étranger. Tout en instaurant leur propre modèle de théocratie en Iran, les mollahs ont réussi à prendre en otage les pays démocratiques avec des prises d'ambassades, des enlèvements d'Occidentaux dont des Français au Liban, des attentats à la bombe surtout dans les rues de Paris, des fatwas de mort et des assassinats. C'est ainsi que le premier califat funeste contemporain s'est édifié, trente années avant l'émergence de Daech, soulignant dans sa Constitution, le projet d'imposer - y compris par la force - sa conception à l'ensemble du monde musulman.

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