L’Open VLD prend l’air et le gouvernement belge s’enrhume

Article publié le 23 avril 2010
Publié par la communauté
Article publié le 23 avril 2010
Après avoir provoqué une journée de chaos, les libéraux flamands (Open VLD) acceptent finalement de se rassoir à la table des négociations, à condition que la confiance « soit restaurée ». Ce revirement de situation surprend alors que durant la journée de jeudi, les élus VLD, unis comme jamais, envisageaient un passage en force à la Chambre, contre les francophones.
Les partis flamands disposant d’une majorité absolue dans l’hémicycle, l'idée était d'imposer à leur avantage un vote sur la scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV).

S'il avait eu lieu, ce vote, accueilli comme l'agression de trop par les partis francophones, aurait très certainement rompu la confiance entre les négociateurs, à l’image de l’automne 2007. À l’époque, le passage en force avait provoqué le départ en bloc des députés francophones de l'assemblée, qui avaient quitté la salle sous les applaudissements des extrémistes flamands.

Côté francophone, la manœuvre de l’Open VLD est perçue comme un froid calcul électoral. En quittant le gouvernement, le président des libéraux Alexander De Croo se fait le héros de la cause flamande, et espère ainsi recueillir des voix supplémentaires lors du prochain scrutin.

Les néerlandophones, eux, parlent d’un acte courageux et nécessaire face aux partis francophones qu'ils accusent de toujours rallonger le temps des négociations, sans perspective d'aboutissement. Il est vrai que, depuis quatre ans, les francophones jouent la montre et repoussent à chaque fois l’échéance, dans l'espoir d'obtenir ainsi plus de concessions de la part des partis flamands.

Hier encore, De Croo invoquait la volonté d'aboutir au plus vite à une solution pour BHV comme motivation principale du retrait de son parti. Pourtant, il reportait en réalité tout le débat à cet été, puisque l'organisation de nouvelles élections aurait été la conséquence la plus probable de la démission du gouvernement.

En revenant sur leur décision de lâcher la coalition gouvernementale, les libéraux écarteraient ces élections et les négociations reprendraient de plus belle.

Herman Van Rompuy : "j'espère que le bon sens vaincra"

Depuis ce matin, le roi Albert II a repris ses consultations. Il rencontre tour à tour les présidents de partis, Marianne Thyssen (CD&V ), Elio Di Rupo (PS), Joëlle Milquet (CDH), Jean-Michel Javaux (Écolo), Wouter Van Besien (Groen) et Caroline Gennez (SP.A). Le souverain a quatre jours pour rendre sa décision concernant la démission du gouvernement.

Interrogé par Cafebabel Bruxelles lors d'une rencontre organisée par le Mouvement européen Belgique, le Président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a refusé de commenter la situation à notre micro. Il a tout de même ajouté qu’il espérait « comme beaucoup de Belges, Flamands et Francophones » que le bon sens vaincrait. Quant à savoir comment se passera la relation entre la présidence permanente et tournante belge, il a déclaré : « on se trouve dans un situation exceptionnelle où mon prédécesseur (au poste de Premier ministre belge, NDLR) est aussi mon successeur. Je ne pense donc pas que sur le plan humain, ou même institutionnel, il y aura de grands problèmes. » Herman Van Rompuy se « réjoui[t] de travailler avec le gouvernement actuel, rénové, revigoré et réinstallé ».