Londres rend hommage aux victimes des attentats de Paris

Article publié le 12 janvier 2015
Article publié le 12 janvier 2015

Sous un ciel gris et dans la neige fondante, la France était à Londres dimanche. De nombreux bâtiments londoniens s’étaient parés de lumières tricolores, les drapeaux étaient en berne et de l’eau rouge, blanche et bleue jaillissait des fontaines. Un résumé de ce qu’il s’est passé en ce jour où Londres, Paris et le reste du monde ont rendu hommage aux victimes des attentats. 

L’endroit où il fallait être ce dimanche pour rendre hommage aux victimes des attaques de mercredi à Paris c’était Trafalgar Square. Vous pouviez rester debout et applaudir avec la foule, et avec un peu de chance apercevoir Nick Clegg lancer un penny sur le drapeau français peint à la craie pour l’occasion. Vous pouviez aussi déposer un crayon sur le mémorial créé par les citoyens juste devant la National Gallery

Les citoyens n’étaient pas les seuls à participer. Les visiteurs pouvaient en profiter pour admirer le gigantesque coq bleu qui était bien à sa place en ce jour sur le quatrième socle de Trafalgar Square. Le drapeau de la tour Victoria, au coin du Palais Westminster à l’opposé de Big Ben, était en berne. Alors que la nuit tombait, les fontaines étaient toutes deux illuminées aux couleurs du drapeau français. Ce dernier était aussi projeté sur les murs de la National Gallery sous les yeux de Lord Nelson qui a dû, j’en suis certain, se retourner dans sa tombe. 

Ailleurs dans la capitale, des artistes graffeurs se sont occupés de peindre le visage (très réaliste) de Stéphane Charbonnier alias Charb sur les murs de East-London. Et partout sur les murs de Shoreditch et Hackney, on pouvait lire l’éternel  « Je Suis Charlie ». 

Tower Bridge avait son propre jeu de lumière : les tours s’éclairaient, une couleur à la fois. La Grande Roue (The London Eye) est restée un moment dans l’obscurité, tous feux éteints, et puis s’est éclairée de bleu pour le reste de la soirée. 

Ce n’était pas seulement les citoyens londoniens, mais les autorités qui ont fait en sorte que Londres s’unisse en esprit avec Paris et que l’on rende hommage, en acte, aux victimes françaises tombées pour la défense de la liberté d'expression. 

Le jeu de dupes des politiques

Ce dimanche 11 janvier 2015, Londres aussi était « Charlie ». Comme le tweetait Will Antonin « Je me demande qui l’on sera demain, et qui nous soutiendrons la semaine prochaine ? » Y aura-t-il une manifestation de soutien à Mohamed Cheikh condamné à mort pour avoir critiqué les politiques de promotion de l’esclavage et de la société de caste des autorités mauritanienne ? Ou pour Raif Badawi, un blogger saoudien condamné à 10 ans de prison  et 1000 coups de fouet en public pour avoir organisé un forum de discussion apparemment insultant pour l’islam. 

Ce qui me dérange le plus dans cette affaire c’est les chefs d’État qui nous servent des discours tels que : « ils », les ennemis, ne peuvent pas gagner parce que « nous » restons unis, etc. Ces dessinateurs, ces policiers et ces otages auraient pu être toujours en vie si la France avait soigné ses plaies algériennes plus tôt, et si l’Occident avait cessé de soutenir des États corrompus ou d’envahir des pays au nom de la « guerre contre le terrorisme » qu’ils ont participé à créer. Nous sommes des citoyens aveugles qui avons choisi de croire à leurs histoires et qui avons choisi de ne pas essayer d’en savoir plus sur ces « étrangers » que nous avons accueillis dans nos démocraties. Il doit y avoir de meilleures alternatives. L’histoire ne ment pas et si nous ne l’écoutons pas, on devra prendre des leçons brutales encore et encore... Et les politiciens continueront d’en tirer profit, encore et encore…