L’Irlande, le référendum et le pacte des lourds

Article publié le 4 juin 2012
Article publié le 4 juin 2012
Les Irlandais ont approuvé à 60,3 %, le pacte budgétaire européen. Le résultat du référendum de jeudi était vivement attendu, les Irlandais étant le seul peuple de l'UE appelé à se prononcer directement sur un traité établissant davantage de discipline budgétaire.
Si certains analystes saluent le caractère exemplaire pour l'Europe de la discipline irlandaise, les autres y voient un vote de résignation dicté par la peur.

The Times - Royaume-Uni : L'Irlande a bien révisé

La discipline irlandaise dans la gestion de la crise constitue aussi un modèle pour les autres pays européens, estime le quotidien conservateur The Times : « Le stoïcisme irlandais porte ses premiers fruits. La confiance économique est plus haute qu'à n'importe quel point de la crise bancaire, contredisant la tendance à la défiance en Europe méridionale. Les exportations montrent des signes de hausse. L'épargne est sécurisée et croissante. Bref, les Irlandais se sont prescrits des remèdes rigoureux et les ont ingurgités, montrant au passage que l'austérité constitue un juste moyen de relance économique. … Le cas de l'Irlande a montré que la crise financière, même sans effusion de sang, peut changer le comportement des consommateurs et des emprunteurs quand l'ampleur et les conséquences réelles de la crise sont reconnues. En Grèce et en Espagne, l'attitude doit aussi changer en conséquence. C'est ce que montre clairement la leçon irlandaise. »

(Article publié le 04.06.2012)

Blog Coulisses de Bruxelles - France : Allez vous faire voir, les Grecs

A l'issue du référendum, Jean Quatremer exprime sa satisfaction sur son blog Coulisses de Bruxelles quant au oui exprimé par les Irlandais car, contrairement aux Grecs, ceux-ci ont compris selon lui qu'ils doivent retrousser leurs manches : « De fait, les Irlandais mesurent qu'ils ne peuvent à la fois demander l'aide de leurs partenaires et refuser de faire les efforts nécessaires au rétablissement de leur économie. En Grèce, au contraire, les électeurs ont majoritairement voté, le 7 mai dernier, pour des partis refusant le plan d'austérité tout en étant fermement (à 80 %) déterminés à rester dans la zone euro. … Un 'non' aurait eu de graves conséquences pour l'ancien 'tigre celtique' puisqu'il l'aurait privé de l'accès au futur Mécanisme européen de stabilité (MES) qui remplacera le 1er juillet le Fonds européen de stabilité financière (FESF), un lien politique ayant été établi entre les deux textes. … Un puissant incitant à voter en faveur du traité. »

(Article publié le 01.06.2012)

La Stampa - Italie : Merkel chance !

En approuvant le pacte budgétaire, les Irlandais ont cédé au diktat de Berlin, écrit le quotidien libéral La Stampa : « Les Irlandais ont avalé les dents serrées l'amer médicament déjà administré à la Grèce et qui risque d'être bientôt prescrit à l'Espagne. … Le 'tigre celtique', qui bénéficiait jusque-là d'une position économique privilégiée au sein de l'UE, n'a cette fois-ci par sortie les griffes, se laissant dompter par la crise généralisée. … Angela Merkel est la véritable gagnante ; beaucoup l'ont critiquée mais pas le Premier ministre irlandais Enda Kenny, lequel, à peine les bureaux de vote fermés, s'empressait d'informer la chancelière de l'approbation des Irlandais. On pourrait dire, en exagérant à peine, que l'Irlande a cédé une portion considérable de sa souveraineté nationale à l'Allemagne.»

(Article publié le 03.06.2012)

Delo – Slovénie : Shutter Irlande

Les Irlandais ont accepté le pacte budgétaire européen car ils sont paralysés par la peur, déplore le quotidien de centre-gauche Delo : « Le gouvernement à Dublin a salué le résultat du référendum avec circonspection, tandis que Bruxelles a loué une rare bonne nouvelle en ces temps difficiles. Tout le monde sait pourtant que l'Irlande est paralysée par la peur, et la peur est toujours une force qui pousse à prendre des décisions souvent irrationnelles : si les individus sont dominés par la peur du terrorisme, ils ne s'opposeront jamais à la violation de leurs libertés et de leurs droits civiques. A l'heure où les individus sont tétanisés par l'angoisse de leur survie et de la préservation de leurs emplois, ils se résignent et se taisent. Paul Krugman a déclaré la semaine dernière qu'un non de l'Irlande au pacte budgétaire serait un message important : on pourrait pointer l'Allemagne du doigt et l'Allemagne devrait se confronter à la réalité, à savoir les conséquences catastrophiques des mesures d'austérité qu'elle exige pour l'euro. Les Irlandais n'ont toutefois pas opté pour cette opportunité. »

(Article publié le 04.06.2012)

28 pays - 300 médias - 1 revue de presse. La revue de presse euro|topics présente les thèmes qui animent l'Europe et reflète sa pluralité d'opinions, d'idées et d'humeurs.

Photo : (cc) monkeyc.net/ flickr/ official website