L'interventionnisme : Un mal nécessaire ?

Article publié le 10 avril 2015
Article publié le 10 avril 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

À la suite des derniers événements produits dans différents points du  Moyen-Orient et d'Afrique, on se demande pourquoi les gouvernements détournent le regard tandis que la population souffre des massacres ethniques au nom de la religion. [Article d'opinion]

Jour après jour, des nouvelles nous arrivent de ce qui se passe de l'autre côté de la Méditerranée, dans le continent voisin. Par conséquent, nous ne pouvons que trembler devant ce dont souffrent quotidiennement les habitants qui se trouvent sous a menace des mouvements religieux extrémistes.

Un des derniers faits les plus choquants a été le massacre de 148 étudiants de l'université de Garissa, au Kenya. Ils étaient tous de confession chrétienne et ils sont morts aux mains de ceux qui cherchent à éliminer tout ce qui ne correspond pas à leur façon particulière de comprendre et de pratiquer l'islam.

L'Afrique est un continent qui tente de s'adapter à sa situation actuelle malgré des lois fragiles et des gouvernements 'quasi-démocratiques' qui restent au pouvoir dans l'intérêt des grandes puissances. La situation n'est pas nouvelle : un exemple serait le massacre de 1994 au Rwanda durant lequel la majorité ethnique hutu a exterminé entre 500 000 et 1 million de tutsis, selon les sources. Pendant que l'on commettait ces crimes atroces, la priorité des gouvernements de pays développés comme la Belgique, a été le rapatriement de ses citoyens se trouvant sur place, abandonnant ainsi à son sort la minorité tutsi.

Certes, le fait en lui-même est devenu un fait divers et il arrive que nous ne voyons, dans une situation malheureuse, qu'une fiction se produisant à beaucoup de kilomètres de notre petit monde. Toutefois, nous nous trouvons ici devant une lecon que nous ne sommes pas encore parvenu à apprendre ou plutôt, que nous ne voulons pas apprendre.

À la suite de l'extermination juive commise par l'Allemagne nazie, la faible implication des puissances alliées et du Vatican, alors présidé par le Pape Pie XII,  a été énormément critiquée, dans le fait de ne pas avoir condamné ni être intervenu face à ce génocide terrible. La fin de la Seconde Guerre mondiale a donné naissance aux Nations Unies, dont le but était de sauvegarder la paix mondiale, bien que dans la pratique, cela n'ait pas très bien fonctionné. C'est ici que surgit le doute : Devons-nous intervenir ou est-il préférable que chaque population résolve d'elle-même ces situations ?

Si nous parlons d'interventionnisme, nous parlons forcément des Etats-Unis. Depuis le président Truman, la politique extérieure de ce pays est basée sur la participation active aux conflits. Bien que son objectif était alors très différent de celui actuel - au début et au milieu des années 50, il s'agissait essentiellement de la lutte contre le communisme -, nous pouvons voir des exemples concrets qui me poursuivaient pas ces fins : des conflits comme la Guerre du Golfe ou des catastrophes naturelles comme le séisme à Haiti en 2010, entre autres.

Le dénominateur commun n'a jamais changé et il s'agit surtout de placse er économiquement. Ce fait, lié à l'échec de certaines de leurs campagnes les plus importantes, comme la Guerre du Vietnam, a toujours été fortement critiqué par l'opinion publique et les médias. L'interventionnisme n'est pas bien vu, car il présuppose d'intervenir dans un conflit étranger, où les vies qui sont sacrifiées sont les nôtres mais aussi celles d'autres civils et de militaires. Pourtant, nous devons voir plus loin que cela.

La seule vérité indiscutable est que nous sommes tous coupables de cette situation, d'une manière ou d'une autre ; nous ne sommes pas ceux qui appuient sur la détente mais dans le monde que nous avons créé, nous consentons implicitement et nous fermons les yeux sur ce qui se passe chaque jour. La correction est la seule façon de réparer nos erreurs. Il est question de choisir entre prendre ses responsabilités dans l'affaire ou laisser d'autres en subir les conséquences. On ne parle pas ici du bénéfice qu'en retirent les gouvernements, et qui est leur seule motivation pour intervenir dans une guerre,  mais de choisir entre  les maux du  21ème siècle ou une réalité de barbaries propres au Moyen-Âge.

Garantir des voies démocratiques pour que les citoyens acquièrent par leurs propres moyens les droits et les devoirs qui leur sont refusés, doivent être les seuls motifs d'intervention des pays plus développés.

Puisque les gouvernements agissent pour des motifs essentiellement non humanitaires, nous devons repenser le mode d'action afin d'améliorer la situation des plus démunis. La non-intervention nous rend complices des meurtres commis. L'Europe est capable de se montrer morale et intellectuellement supérieure devant la violence et la barbarie, comme il a été le cas lorsque tout le continent s'est solidarisé avec le peuple français après l'attentat djihadiste au journal Charlie Hebdo. Toutefois, cette supériorité peut être se transformer en hypocrisie, quand les mots ne cherchent pas promouvoir une action mais sont simplement utilisés pour nous couvrir d'argent  pendant que d'autres portent la couleur rouge sang.