L’innovatrice campagne du Parlement, censurée et autocensurée

Article publié le 18 mars 2009
Article publié le 18 mars 2009
« Je remercie le gouvernement de monsieur Berlusconi pour sa critique, car elle va faire parler de notre champagne de communication.
» C’est avec ironie que s’est manifesté mardi 17 de mars le conservateur Alejo Vidal-Quadras, vice-président du Parlement européen, pendant qu’il présentait en public la campagne de communication que la chambre européenne a lancé pour renforcer la participation aux élections européennes de juin. À vrai dire, les attentes sont pauvres et le désintérêt autour de la campagne règne. Le gouvernement de Berlusconi a annoncé qu’il ne déploierait pas cette champagne en Italie et qu’il serait en train de concevoir une champagne alternative plus parlante pour les citoyens italiens. Ce qu’il ne dit pas c’est que deux des six affiches de la campagne européenne critiquent de façon dissimulée la campagne anti rom déclenché en Italie par le gouvernement Berlusconi Berlusconi.

Le Parlement a lancé une campagne pour encourager les citoyens à aller voter en juin 2009. Depuis que le gouvernement de Berlusconi a traité cette campagne d’ennuyante, beaucoup sont les voix qui la critiquent. Or, cette campagne est bien plus osée que n’importe quelle autre qu’on ait vécu dans nos pays respectifs. Dommage que l’auto-censure risque de s’imposer.

Un scandale qui combine censure et auto censure

cartel polémico elecciones 1

En effet, dans une des affiches on invite les citoyens à choisir un modèle sécuritaire pour l’UE et on donne trois exemples. L’un d’eux est un signal de circulation avec une énorme empreinte digitale qui rappelle de façon subreptice que le gouvernement italien a imposé aux Roms étrangers en Italie l’identification par empreinte digitale. Dans une autre affiche on propose deux modèle de frontières pour l’UE face à l’immigration : l’un est une muraille de château fort et l’autre une haie pour les courses à chevaux, ce qui pourrait déranger les secteurs les plus conservateurs du gouvernement qui italien qui ont fait de la lutte contre l’immigration leur bannière politique principale. Ceci dit, pour l’instant, il semblerait que c’est l’autocensure qui marche à la perfection chez le Parlement Européen. Dans le site web de la chambre européenne dédié aux élections, les fichiers dont on parle ne sont disponibles que en italien. C’est à dire, pour ne pas insister sur la polémique, le Parlement semble avoir décidé de ne pas publier ces affiches dans le reste de langues.

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Une campagne décomplexée qui invite à la politisation

Ceci est un scandale qui jette par terre la bonne initiative de l’entreprise allemande qui a conçu la campagne de communication pour le Parlement européen. En effet, pour la première fois dans l’Histoire de la démocratie européenne la champagne utilise des symboles et des éléments de politique concrète pour convaincre l’électeur qu’il doit aller voter pour choisir un type d’Europe ou un autre. D’ailleurs, les concepteurs n’ont pas hésité à jouer avec des éléments de débat politique polémiques ou controversés, facilement identifiables avec des pôles ou des partis politiques controversés. La muraille face à la haie naturelle, le policier face à l’empreinte digitale, la pomme biologique face à la pomme génétiquement modifiée, l’investissement en tracteurs face à l’investissement en nouvelles technologies ou en éducation, etc. La campagne est osée et politiquement incorrecte comme un européen n’aurait pu l’imaginer auparavant. Pour une simple raison : elle utilise des symboles autour desquels les pays et les partis politiques ont pris parti auparavant. Ceci, d’une certaine façon, invite à l’identification idéologique et programmatique des différents courants politiques en Europe : conservateurs, libéraux, verts, socialistes, communistes, ultraconservateurs, nationalistes et autres. En comparaison avec la monotonie de la vie politique européenne à laquelle les eurodéputés et les commissaires nous ont habitués cette campagne est une véritable fête foraine. (Photos: Parlement européen)