Ligne éditoriale: mon récit de son éclosion

Article publié le 9 mars 2018
Article publié le 9 mars 2018

Nous entamons une série de petits articles informels pour vous expliquer pourquoi Cafébabel est en train de changer et à quoi ressemblera votre magazine préféré dans le futur. Nouveaux plans, nouveaux visages, nouvelles sections et bien sûr, nouvelle ligne éditoriale. Rien que ça.

Une ligne éditoriale, c’est un peu comme un organisme vivant.

Au départ, ce n’est qu’une petite graine que l’on va semer en pleine terre, qui germe et se transforme en plante. Mais le processus de germination est fragile : la terre doit être fertile, la température optimale et la quantité d’eau et de lumière mesurée.

Vous vous demandez probablement pourquoi vous êtes en train de lire un cours de botanique à la place d’un article expliquant notre nouvelle ligne éditoriale ? Patience. 

Si cette dernière est une graine, alors le magazine est la plante. Suivant cette logique, la terre représente la rédaction, la bonne température les lecteurs curieux, l’eau et la lumière les contributeurs engagés.

Cafébabel a vu chacune de ces trois conditions évoluer de façon drastique au cours de cette année. Ayant d’abord été contributrice, stagiaire, puis maintenant éditrice de la version anglaise, j’ai un regard plutôt éclairé sur l’évolution du média. Cette expérience me procure la même sensation que le documentaire de la BBC intitulé Planet Earth, filmant en accéléré la démultiplication d’un petit arbuste en une véritable jungle d'arbres.

L’évolution de la ligne éditoriale est une des raisons qui m’ont incitée à prendre les rênes de la version anglaise de Cafébabel. A l’heure où j’étais encore stagiaire, je me souviens d’une stratégie éditoriale exposée par Matthieu (responsable de la version française) lors d’une conférence de rédaction, selon laquelle il fallait « trouver un juste milieu entre les petits articles d’actualité et les longs formats, plus froids ». J’étais trop timide pour le dire à l’époque, mais c’était l’évolution dont je rêvais pour le magazine depuis longtemps.

J’ai souvent insisté sur l’importance des articles de fond dans le domaine du journalisme. Je me nourris chaque semaine des formats du Guardian. Je me souviens avoir frôlé la crise cardiaque lors de la publication par le Huffington Post d’un excellent article interactif sur la génération Y. Je m’amuse aussi à collectionner ceux des magazines indépendants en version papier tels que Delayed Gratification ou encore Intern. C’est aussi la raison pour laquelle je lis Rebecca Solnit, une écrivaine qui a longuement traité ce sujet.

En mars 2017, lorsque je suis triomphalement revenue à Cafébabel et que nous avons resserré le modèle participatif, réduit la publication d’articles d’opinion, et choisi de ne pas écrire une multitude d’articles sur les élections législatives de 2017 au Royaume-Uni, je n’étais que trop ravie. Petit à petit, les feuilles mortes du magazine que j’ai autrefois connues ont été remplacées par de nouvelles. C’était un processus sain d’élagage.

Cafébabel est en train de développer son potentiel journalistique de magazine européen de qualité, sur le modèle participatif. Cela s’est fait en l’espace de quelques mois. Même si le chemin parcouru depuis 2011 est déjà long, quand on regarde les articles à cette époque, il ne faut surtout pas se reposer sur nos lauriers et continuer à avancer. N’oubliez pas qu'une ligne éditoriale n’est pas quelque chose de figé.

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Cafébabel change. Tenez-vous prêt.e.