L'exécution tragique  d'un sympathisant de l'OMPI en Iran

Article publié le 2 juin 2014
Article publié le 2 juin 2014

Je vous in­vite à lire le com­mu­ni­qué du CFID signé  par le ma­gis­trat Fran­çois Col­com­bet, co-fon­da­teur du syn­di­cat de la ma­gis­tra­ture, sur l’exé­cu­tion d’un dis­si­dent po­li­tique re­connu cou­pable d’« être en guerre contre le Dieu » à l’issu d’un pro­cès qua­li­fié d’in­équi­table par Am­nesty In­ter­na­tio­nal dans une Ac­tion Ur­gente:

Le Co­mité fran­çais pour un Iran dé­mo­cra­tique (CFID) condamne dans les termes les plus vi­gou­reux la pen­dai­son en Iran du cou­ra­geux pri­son­nier po­li­tique Gho­lam-Reza Khos­ravi, à l’aube du 1er juin, pour son sou­tien au mou­ve­ment d’op­po­si­tion ira­nien dé­mo­cra­tique et or­ga­nisé, l’OMPI.

Ce père de 49 ans était ac­cusé de « Mo­ha­re­beh » (guerre contre Dieu) pour avoir «col­la­boré avec les mé­dias af­fi­liés à l’Or­ga­ni­sa­tion des Moud­ja­hi­dine du Peuple d'Iran » et « ap­porté une aide fi­nan­cière » à l'or­ga­ni­sa­tion. Cet ou­vrier, mi­li­tant de la cause dé­mo­cra­tique en Iran, avait subi douze an­nées de tor­ture et de ré­clu­sion dans di­verses pri­sons. 

Son exé­cu­tion est per­çue comme une ven­geance à l'égard des dé­te­nus po­li­tiques d’Evine qui avaient ré­sisté mi-avril contre les me­sures ré­pres­sives dans les pri­sons ira­niennes, pro­vo­quant un vaste mou­ve­ment de sym­pa­thie en Iran et dans le monde. G. Khos­ravi et les autres sym­pa­thi­sants de l'OMPI avaient joué un rôle clé dans le mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion des dé­te­nus po­li­tiques.

Son exé­cu­tion met en évi­dence l'ab­sence to­tale de to­lé­rance du ré­gime ira­nien vis-à-vis des sym­pa­thi­sants de l'op­po­si­tion or­ga­ni­sée et toute la por­tée de leur mes­sage de chan­ge­ment dans la so­ciété ira­nienne. Khos­ravi a éga­le­ment été visé pour sa bra­voure à dé­fendre pu­bli­que­ment les po­si­tions de la Ré­sis­tance ira­nienne. Il a payé le prix de son at­ta­che­ment aux prin­cipes de li­berté et de jus­tice en Iran. Il ne crai­gnait pas les plus dures tor­tures et vio­lences que les bour­reaux exer­çaient contre lui et sa fa­mille.

En sep­tembre 2013, lors d’une in­ter­view écrite sor­tie clan­des­ti­ne­ment de la pri­son, il avait dé­claré : « J’ai été condamné à mort pour avoir dé­noncé les sau­va­ge­ries du Vevak et avoir re­fusé de col­la­bo­rer et de faire une dé­cla­ra­tion té­lé­vi­sée contre l’OMPI. Je n’ai au­cune crainte de dé­cla­rer que je suis sym­pa­thi­sant de l’OMPI. Qu’ils me pendent à cause de ce sou­tien et de la ran­cune du ré­gime contre cette or­ga­ni­sa­tion  J’ap­pelle mes in­ter­lo­cu­teurs à se pré­pa­rer à ren­ver­ser ce ré­gime cri­mi­nel et in­hu­main et à n’épar­gner aucun ef­fort pour se dé­bar­ras­ser de lui avec toutes ses fac­tions pour en­suite ins­tau­rer la sou­ve­rai­neté po­pu­laire, la li­berté, la dé­mo­cra­tie, l’éga­lité et la jus­tice pour tout un cha­cun dans notre pays. »

Le CFID adresse ses condo­léances à la fa­mille Khos­ravi et ap­pelle le gou­ver­ne­ment fran­çais et les ONG à ré­agir avec vi­gueur pour condam­ner cet acte cri­mi­nel sous le gou­ver­ne­ment Ro­hani.

Paris, le 1er juin 2014

Pour le CFID

Fran­çois Col­com­bet