L'excès de Conseil nuit-il à la santé de l'UE ?

Article publié le 13 décembre 2012
Article publié le 13 décembre 2012
Par Pierre-Yves Leveaux (en direct du Sommet Européen) Après les Sommets du 17 et 18 octobre et du 22 et 23 novembre sur le budget de l'Union européenne, s'ouvre aujourd'hui à Bruxelles la dernière réunion du Conseil européen pour cette année 2012. Pas mal pour un évènement censé être trimestriel.

Troisième réunion en trois mois pour le Conseil Européen : serait-ce un signe d'une intensification de la vie politique européenne ? Difficile à dire car même si ces réunions se multiplient, les résolutions adoptées ne se traduisent pas toujours, voire jamais, en grandes décisions politiques. Pour preuve le Sommet du mois d'octobre consacré au budget de l'Union, où les questions épineuses ont été renvoyées à l'année prochaine. La question se pose: cette réunion du Conseil sera-t-elle un énième coup dans l'eau ?

Une entrée qui passe sans encombre.

En marge des sessions de travail des 27 chefs d'État et de gouvernement et des représentants des institutions européennes, des réunions du Conseil «Affaires économiques et financières» et de l'Eurogroupe se sont aussi tenues. La réunion de l'ECOFIN, qui réunit les différents ministres des Finances des États membres, à débouché sur un accord concernant le mécanisme de surveillance bancaire. Les violons de Berlin et de Paris se sont accordés pour conférer à la BCE ce rôle de «gendarme des banques européennes», mais sous certaines conditions seulement.

L'Eurogroupe a, quant à lui, officiellement approuvé le second programme d'ajustement économique pour la Grèce, après que celle-ci ait réussi son opération de rachat de dette, condition nécessaire pour débloquer le fond de 34,4 milliards d'euros de prêt. Ce montant sera utilisé notamment pour la recapitalisation du système bancaire grec, et pour le remboursement de 9,3 milliards d'euros que l'État doit à ces citoyens.

Ça cale pour le plat principal.

Les discussions du Conseil auront comme principal sujet la réalisation de l'union économique et monétaire. Malgré la feuille de route du président Herman Van Rompuy demandée par les Etats membres en juin, et bien que la Commission ait communiqué fin novembre sur ce sujet, les décisions nécessaires à la mise en place d'une telle union ne seront sans doute pas prises à ce Sommet. Sa concrétisation nécessite une situation politique stable, et dépendra notamment des résultats des élections en Italie, mais surtout en Allemagne, où Angela Merkel briguera un troisième mandat en 2013.

Les autres points du programme traiteront du rapport annuel sur la croissance issu par la Commission, et pour lequel le Conseil remettra son avis en vue du Sommet de mars 2013. Le but de ce rapport est de coordonner les efforts des Etats membres afin de relancer la croissance de manière durable. Des conclusions concernant la Défense seront aussi adoptées en vue des travaux préparatoires pour le Conseil Européen de décembre 2013, qui devrait être consacré essentiellement à ce thème. A savoir l'augmentation de l'efficacité des missions entreprises dans le cadre de la Politique commune de défense et de sécurité, l'amélioration du développement des capacités défensives et le renforcement de l'industrie européenne de défense.

Invités imprévus, car n'étant pas officiellement au programme de ce Sommet, le sujet de l'élargissement sera abordé, tout comme celui de sanctions possibles à l'encontre de la Corée du Nord, suite au récent lancement d'une de ses fusée.

Comme on peut le voir, le menu est riche et copieux, mais l'excès de consommation est possible, le risque étant de laisser quelques plats au frigo en vue des prochains Conseils. En période de disette, ce n'est jamais conseillé.