L’Europe et la France au secours de la Grèce

Article publié le 7 avril 2008
Publié par la communauté
Article publié le 7 avril 2008
Les réactions vont bon train en fin de semaine dernière pour commenter l’issue du sommet de l’OTAN à Bucarest.
Il y a d’abord une jubilation non cachée de la part des journalistes grecs devant l’utilisation par le premier ministre grec Costas Karamanlis du veto qui a empêché l’ouverture de la procédure d’entrée de la FYROM dans l’organisation militaire atlantique (voir l'article dans ''Makedonia''). Deuxièmement, on se réjouit dans la presse hellénique du soutien qu’ont apporté à la Grèce divers dirigeants européens sur ce dossier. On a même pu lire, sous la plume de Kyra Adam dans Eleftherotypia, qu’une “solidarité européenne” s’était manifestée cette semaine à Bucarest lors du sommet de l’OTAN (voir article). Selon le journal Makédonia, cette attitude a permis de contrer l’”arrogance” de Bush (voir article). En somme, on note que les Etats-Unis font profil bas devant le front uni européen. En effet, après la France, ce sont également le Portugal, l’Espagne, la Belgique et l’Allemagne qui ont soutenu les réticences grecques à l’intégration de la FYROM. On trouve dans la presse des extraits des discours de leurs dirigeants qui vont tous dans le sens d’une reconnaissance du bien-fondé des positions d’Athènes.

La position française, en particulier, lors de cet important rendez-vous, a été plus que soulignée dans tous les journaux. En effet, l’opposition claire de Nicolas Sarkozy à l’entrée de la FYROM dans l’organisation a frappé les commentateurs grecs. “Vive Sarkozy ?” pouvait-on se dire à la fin de cette semaine en Grèce. Il y a en effet quelque chose d’une ovation dans l’écho que l’on peut capter à travers divers articles. D’abord parce que le président français a souligné dans son discours son origine grecque de Thessalonique, du côté de sa grand-mère (voir ''Makedonia''), ce qui n’a pas manqué de ravir l’auditoire concerné. Ensuite, parce que sa position de soutien aux revendications grecques est un atout déterminant dans le débat. Un extrait de son discours est rapporté ainsi dans Eleftherotypia (voir article): “Nous espérions pouvoir dire oui à l’intégration de la FYROM. Mais nous sommes aux côtés de nos amis grecs. Quand un pays candidat veut entrer dans l’OTAN, il doit savoir faire des concessions. La position grecque est tout à fait légitime.”

En fait, une journaliste de Ta Nea (voir article) pense que Paris est à présent en position d’occuper un rôle de médiateur dans le problème du nom à donner au voisin slavo-macédonien, et elle en explique les raisons: d’abord parce que les Etats-Unis sont entrés en période pré-électorale, ce qui implique qu’ils vont se désintéresser pour un temps des affaires internationales qui n’ont pas un impact direct sur leur pays; ensuite parce que l’échec de la mission du médiateur américain Nimetz dans le cadre des Nations Unies ne leur donne peut-être pas très envie de poursuivre leurs efforts. Du côté français, la présidence de l’Europe que le pays va assurer à partir de juillet peut lui donner l’envie de réaliser ce que les américains n’ont pas réussi à faire. On vante en tous cas en Grèce l’efficacité de la diplomatie française “expérimentée et flexible (…) et qui ne cherche pas à imposer son idéologie”.

Cet enthousiasme n’est pas complètement crédule pour autant. Une voix dissonante se fait entendre dans Ta Nea (voir article) et révèle que les intentions du président français sont aussi liées aux promesses de contrats d’armement avec la Grèce: “Dans les cercles bien informés, la position avantageuse de la France alimente les conversations des adversaires non sur la question d’une possible “contre-partie” offerte par la Grèce, mais pour savoir quel domaine elle concernera: sera-ce celui des avions de guerre Rafale ou des frégates…?” Loukas Dimakas soutient même que la position de l’Allemagne, favorable elle aussi à la Grèce, mais annoncée au dernier moment au sommet de Bucarest, serait liée au refus de voir la France se partager seule le gâteau… La Grèce aurait fait miroiter un besoin émanant de ses états-major pour un programme d’armement s’élevant à 11 milliards d’euros…

Enfin, pour preuve de leur popularité, Carla et Nicolas apparaissent en costumes traditionnels grecs. Si, si, c'est vrai ! Allez tout de suite à l’adresse suivante, vous ne le regretterez pas !