L'Europe « en état de siège »

Article publié le 18 janvier 2015
Article publié le 18 janvier 2015

L’Europe se dit prête à adopter une politique défensive face à la menace djihadiste imminente. Après le 11 septembre, l’attaque de Charlie Hebdo a tiré la sonnette d’alarme dans la plupart des pays européens.

Plus que jamais, nous vivons actuellement dans une Europe incapable de fermer l’œil de la nuit, un territoire où la menace terroriste est à son plus haut niveau. L’Europe garde les yeux bien ouverts tandis que les gouvernements travaillent ensemble à trouver des solutions visant à rendre l’Union européenne impénétrable. De la France à la Belgique, du Royaume-Uni à l’Allemagne et à l’Espagne, la sonnette d’alarme a été tirée et des mesures sécuritaires sont en préparation.

Sur le vieux continent

En France, où le tragique attentat de Charlie Hebdo a eu lieu, le niveau d’alerte a été augmenté : l’ensemble des synagogues et des écoles juives ont été placées sous la surveillance de policiers ou d’agents de sécurité. L’ancien président Nicolas Sarkozy a fait part de son inquiétude et recommande d’adopter le système PNR, qui collecte des données sur les passagers des compagnies aériennes et qui est aujourd’hui bloqué au niveau européen. Nicolas Sarkozy affirme par ailleurs que les personnes ayant quitté la France pour faire le djihad ne devraient pas être autorisées à revenir dans le pays et que la police municipale devrait être armée. Marine Le Pen, Présidente du Front national, souligne quant à elle l’urgence de rétablir les contrôles aux frontières.

Le 15 janvier, à Verviers, dans l’est de la Belgique, une opération antiterrorisme s’est soldée par la mort de deux personnes et l’inculpation d’une troisième. Cette opération visait à empêcher une attaque terroriste dans la capitale, Bruxelles. Le niveau d’alerte du pays est passé du niveau deux au niveau trois, sur une échelle de quatre.

Selon un nouveau projet de loi, l’Allemagne pourrait bientôt confisquer les cartes d’identité des terroristes présumés. Si la loi est adoptée, elle permettra le retrait de la pièce d’identité pendant 3 ans, condamnant ainsi l’individu à ne plus pouvoir voyager. La police allemande détient par ailleurs à Berlin deux hommes soupçonnés de recruter des combattants pour l’État islamique et de collecter des fonds pour le groupe extrémiste.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a réuni les hauts responsables de la sécurité et des services de renseignements afin d’évaluer le risque d’une attaque au Royaume-Uni. Des exercices grandeur nature sont prévus pour préparer le pays tout entier à cette éventualité. Cette inquiétude survient à un moment délicat pour le Royaume-Uni, dans un environnement politique déjà fragilisé à l’approche d’élections générales. Les Britanniques apportent toutefois leur soutien à une Europe « en état de siège ». Le 16 janvier, à Washington, avant un entretien avec le président Obama sur la cybersécurité et au vu des événements récents survenus en France, Cameron a solennellement appelé les services de sécurité britanniques à développer de nouveaux moyens technologiques permettant d’interrompre les dispositifs de communication.

En Espagne, où le niveau d’alerte face aux attaques terroristes a été relevé de 2 à 3, le gouvernement et les socialistes du PSOE travaillent main dans la main à un « Pacte d’État » visant à s’attaquer au terrorisme djihadiste.

La population ne se sent plus en sécurité en Europe, où de nombreux fanatiques reviennent de Syrie et d’Irak, après y avoir subi un lavage de cerveau et avoir été entraînés à répandre la terreur. L’Union européenne estime que sur environ 10 000 combattants dans les régions actuellement en crise, plus de 3 000 radicaux islamistes sont originaires d’Europe.

Les principaux médias, œuvrant involontairement au service de la cause des terroristes, contribuent dans une certaine mesure à accroître la peur de la population. Il est cependant important de noter que les services de sécurité européens font un travail déterminant. Pas seulement à Paris, mais aussi récemment en Belgique (à Verviers) et à Berlin, où des terroristes ont été emprisonnés (ou tués). En Belgique, la police est parvenue à agir avant le déclenchement d’une attaque terroriste. L’idée que le contre-terrorisme menace nos libertés et le droit à la confidentialité de notre vie privée a déjà été évoquée au niveau européen, après que le gouvernement espagnol ait suggéré la réintroduction des contrôles douaniers aux frontières internes de l’Union européenne. Les gouvernements allemand et italien s’y sont opposés en arguant qu’une telle proposition n'était pas envisageable. 

Au-delà des océans

En Australie (en décembre 2014) et au Canada (en octobre 2014), des attaques terroristes menées sous couvert d’une idéologie islamiste radicale ont également été constatées.

À la suite du meurtre d’un soldat en faction devant le Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa, le Premier ministre Stephen Harper a déclaré : « Les événements de cette semaine constituent un sombre rappel que le Canada n’est pas à l’abri des mêmes attaques terroristes auxquelles nous avons pu assister dans d’autres parties du monde. Je veux aujourd’hui me montrer très clair : le Canada ne se laissera jamais intimider. »

Dans son discours qui a suivi cet événement tragique, Stephen Harper a affirmé que son pays n’adopterait pas une politique de défense agressive. La menace concerne aujourd’hui la communauté internationale, qui doit s’accorder sur une politique commune afin d’enrayer tout acte de terrorisme.