L'Europe de l'Est à la conquête du « boulot le plus difficile au monde » ?

Article publié le 7 mars 2016

L'année vient juste de commencer et pourtant, les préparations électorales battent leur plein. Et même si pour l'instant, on a tendance à ne jurer que par les élections américaines ou par le référendum du Brexit, les changements politiques concernent également les Balkans. Le prochain secrétaire général des Nations-Unies pourrait bien être originaire d'Europe de l'Est.

Outre l'annonce d'un nouveau secrétaire général, la Bulgarie va élire son nouveau président, et le Montenegro va voter un nouveau parlement cette année.

Conformément au modus operandi des Nations unies, le successeur de Ban Ki-Moon devrait venir des Balkans. C'est ce qui a été convenu par l'opposition et grâce à la sincérité de certains diplomates qui revendiquent le fait qu'il est grand temps que l'Europe de l'Est trouve sa place aux côtés de ses partenaires occidentaux au lieu d'agir comme un « appendice de l'Europe occidentale » qui existe « purement pour chercher des postes éléctoraux ».

Quoi qu'il en soit, une direction d'Europe de l'Est pourrait et devrait être l'occasion de repartir sur de nouvelles bases. En ce qui concerne la plupart de ses « affaires en Europe de l'Est », Ban Ki-Moon, l'actuel secrétaire général des Nations unies, s'efforce de résoudre le conflit entre la Serbie et le Kosovo. Il considère que le rôle du dirigeant de l'ONU consiste à « apporter une certaine harmonie et à créer des ponts », il a essayé de réduire le fossé entre Belgrade et Pristina. Néanmoins, le conflit n'a joué qu'un rôle mineur comparé à ses principaux objectifs de développement durable, d'autonomisation des femmes, de la non-prolifération, du renforcement des Nations Unies dans son ensemble, et des opérations de maintien de la paix. Peut-on lui jeter la pierre?  Le tout premier secrétaire général, l'homme d'État norvégien Trygve Lie, est connu pour avoir décrit son poste comme étant le « boulot le plus difficile au monde », ce qui n'a rien d'étonnant si l'on considère toutes les responsabilités que cela engage. 

L'année dernière, les Nations unies ont célébré leur 70ème anniversaire en tant que garant de la paix et de la sécurité dans le monde. 2015 marque une autre date importante à cet égard : le 20ème anniversaire des accords de Dayton, qui ont mis fin à la guerre en Bosnie. Bien que l'issue de ces accords reste controversée, il serait intéressant de voir un leader de l'Europe de l'Est tenir le sceptre des Nations unies au cours d'une année si symbolique. Si l'on veut rester optimiste, cela pourrait bien changer le regard porté sur les Balkans dans le monde, et mettre en lumière les vastes chantiers de construction politique.

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Cet article fait partie de notre projet East Side Stories qui vise, à travers les clichés les plus répandus sur l'Europe, à éveiller les consciences, à dialoguer et à dénoncer au-delà des médias quotidiens.