L'Euro 2016 en série : l'Allemagne, ça gagne

Article publié le 16 juin 2016
Article publié le 16 juin 2016

C'est parti. Malgré la pluie et les poubelles qui débordent, la grande fête du football européen a bel et bien débuté en France. Et dans sa formule enrichie à 24 équipes, l'Euro 2016 promet un tournoi plus long, plus bon. Pendant ce temps-là, prenons le pouls de quelques sélections nationales entre pronostics, style de vie et débats sociétaux. Écartez-vous,voici Die Internationale Mannschaft.

Le contexte

L'équipe allemande est jeune, brillante et, à bien des égards, un poids lourd. Depuis le début officiel de la Coupe d'Europe des Nations en 1960, c'est, avec l'Espagne, la formation la plus titrée de la compétition (3). L'expérience ? Pas du tout. Elle fait aussi figure d'équipe la plus jeune de l'Euro 2016. Le onze titulaire affiche une moyenne 25,8 ans, contre 29,8 pour Irlandais par exemple. Du lourd ? Clairement. La Mannschaft perpétue sa tradition de footballeurs qui pèsent : 80,3 kg de moyenne. De quoi manger tout cru des Espagnols dont le pack plafonne à 74 petits kilos.

Comment tout cela va-t-il finir ?

L'Allemagne a déjà mangé l'Ukraine. En plat de résistance, la Pologne et en dessert l'Irlande du Nord. Par trois fois, la Mannschaft a manqué de se qualifier pour les phases finale de l'Euro. Mais cherchons les réponses dans la science. Goldman Sachs a mis en place un algorithme afin de calculer les chances de réussite des participants : la France serait le vainqueur cette année, tandis que l'Allemagne finirait deuxième. Lors de la Coupe du Monde 2014, une formule mathémathique avait aussi prédit une victoire du Brésil. Résultat ? Les Allemands ont fait pleurer tout un pays en étrillant les Brésiliens 7 à 1. La rage contre la machine.

Mais qu'est-ce qu'ils foutent ?

Pendant l'Euro, la Mannschaft profite d'Évian-les-Bains à proximité du Lac Léman. L'hôtel 4 étoiles se situe à quelques centaines de mètres du stade où elle s'entraîne. Mais on ne joue pas qu'au foot à Évian : on y fait beaucoup de vélo et même du yoga.

La re-sta

Lukas Podolski. Petit à petit, le joueur qui a également la nationalité polonaise est devenu le « super sub » de l'équipe. Champion du monde en 2014, en ne jouant quasiment pas, « Poldi » est devenu indispensable dans le groupe. Le sélectionneur, Joachim Löw le sait et fait toujours ses valises avec l'attaquant. Aujourd'hui, Podolski taquine le cuir du côté de Galatasaray pour le plus grand bonheur de la Süper Lig turque. Le joueur de 31 ans vit sans doute ses derniers moments avec la sélection et ce paragraphe est un peu notre palme d'honneur à nous.

Et à la fin c'est toujours l'Allemagne qui réclame

Les jeunes savent se vendre, y compris en dehors de l'Euro. La preuve en vidéo.

Le Big Deal

Si elle domine l'Europe, l'Allemagne n'est pas à l'abri des débat bas-de-plafond. Fin mai, lors de la sage préparation de l'équipe, une polémique puérile a enflammé le pays. Alexander Gauland, le vice-président du parti populiste Afd (Alternative pour l'Allemagne, ndlr) a balancé des propos jugés racistes à l'encontre du défenseur d'origine ghanéenne Jérôme Boateng. L'insulte ? « Les gens le trouvaient bon comme joueur, mais n’aimeraient pas l’avoir comme voisin. » La réponse de la victime n'a pas tardé. Elle a eu lieu sur le terrain lors du premier match contre l'Ukraine lorsque Boateng a sauvé un ballon sur sa ligne de but. Joachim Löw, en conférence de presse, philosophera à son tour : « Ça fait plaisir d'avoir Boateng comme voisin ». Et toc.

Le petit deal

Sous la pression, « on peut parfois faire des choses ». C'est la réponse de l'entraîneur Joachim Löw au bollocks-gate qui l'a vu plonger sa main dans son pantalon en pleine rencontre, avant de la sentir. Le tout en mondovision. Si l'affaire conclue définitivement que Löw est un mec crade (il mange aussi ses crottes de nez sur le banc de touche), elle a aussi accouché d'une merveille d'expression allemande : le Taschenbillard ou « le billard des poches ».