L’Euro 2016 en série : l’Albanie, la combattante

Article publié le 20 juin 2016
Article publié le 20 juin 2016

C'est parti. Malgré la pluie et les poubelles qui débordent, la grande fête du football européen a bel et bien débuté en France. Et dans sa formule enrichie à 24 équipes, l'Euro 2016 promet un tournoi plus long, plus bon. Pendant ce temps-là, prenons le pouls de quelques sélections nationales entre pronostics, style de vie et débats sociétaux. Et surprise, voici l'Albanie ! 

Le contexte

Pour la première fois de son histoire footballistique, l’Albanie est qualifiée pour un tournoi majeur. Lors de ses décennies passées sous le joug d’un régime communiste, le football albanais comptait quelques joueurs de talent, mais n’a jamais atteint la Coupe du monde ou l’Euro. Désormais, avec l’aide du sélectionneur italien Gianni De Biasi, le rêve devient réalité : l’Albanie termine deuxième de son groupe, derrière le Portugal, en phase de qualification. La reconstruction de l’équipe albanaise par De Biasi est axée sur sa faiblesse en défense. Stagnant autrefois vers la 90ème place mondiale, ils battent finalement le Portugal et la France puis arrachent deux matchs nuls face au Danemark. Le désormais tristement célèbre incident du drone donne la victoire à la Serbie 3-0. L’Albanie se bat - littéralement - pour chaque point de la compétition, et ils n’ont pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. L’Euro est si important pour le pays que De Biasi s’est vu accordé la citoyenneté albanaise à titre honorifique.

Comment tout cela va-t-il finir ?

Les bookmakers n’offrent pas les meilleures cotes à l’Albanie, mais une vidéo partagée par Éric Cantona soulève un point : la Grèce, en 2004, et le Danemark, en 1992, n’avaient également aucune chance de gagner. L’Albanie pourrait bien réaliser un exploit et suivre l’exemple de Leicester City (qui a remporté la Premier League cette saison, ndlr). Le football n’est pas une question de statistiques mais bien de courage et d’engagement. Une chose est sûre, ils n'ont rien à perdre. 

Mais qu’est-ce qu’ils foutent ?

Comme il a été relayé par les médias, l’équipe est très isolée et on ne lésine pas sur la sécurité - mais cela faisait partie du plan de l’entraîneur. Le public peut les observer une heure et demie lors des entraînements. Ils logent à Perros-Guirec, une petite ville du nord-ouest de la France, à l’hôtel Agapa, placé sous haute surveillance pour l’Euro 2016, ce qui complique alors la tâche des journalistes. Ils passent la plupart de leur temps sur les réseaux sociaux - seul le capitaine Lorik Cana a pu rendre visite à sa famille, suite à son carton rouge contre la Suisse.

La re-sta

« Grâce » à sa malencontreuse suspension, le capitaine incontesté des Aigles Lorik Cana n’a malheureusement pas pu fouler la pelouse de son ancien stade bien-aimé, à Marseille, où il a passé les meilleures années de sa carrière. À la place, le succès de l’équipe repose sur deux autres stars, dont Taulant Xhaka, milieu de terrain au caractère bien trempé. Il a dû affronter son frère cadet Granit, qui joue pour la Suisse, lors de ce qui devait être un match difficile. Qui faut-il surveiller ? Elseid Hysaj, le défenseur de 22 ans du SSC Naples, extrêmement talentueux, qui campe le beau rôle du joueur albanais le plus cher de l’histoire.

Lorik Cana, intouchable et impeccable.

Les rois du style

L’équipe nationale est habillée par le créateur albanais Altin Mici. Les voici « fittés », en compagnie du premier ministre albanais Edi Rama.

Le Big Deal

L’équipe nationale albanaise est relativement inexpérimentée pour ce qui est des tournois majeurs, leurs supporters sont donc inquiets de savoir s’ils sont capables de se battre assez pour rester en lice. Même s’ils ont perdu à Lens, les gars ont bien joué (surtout dans la deuxième mi-temps) et les supporters étaient fiers de constater leur capacité à maintenir un jeu agressif. Après leur défaite face à la France, ils ont battu la Roumanie (1-0) et peuvent continuer à rêver.

Ce que vous entendrez sur les Rouges et Noirs

Les supporters albanais, qu’ils habitent en Albanie ou en dehors, se sont réunis en France pour assister aux matchs de leur équipe nationale, agiter leurs drapeaux, et se parer de rouge et noir pour soutenir les mecs sur le terrain. La plus grande communauté de supporters, alias Tifozat Kuq e Zi (les supporters Rouges et Noirs, ndlr), est à l’origine de l’immense drapeau albanais déployé dans les tribunes lensoises et marseillaises, qui fait même office de record dans le Guinness. Sinon, les supporters poussent la chansonnette : ici Kuq e Zi (Rouge et Noir, ndlr) par Elvana Gjata.