Les Tweets de Trump : 100 jours en 140 caractères

Article publié le 11 mai 2017
Article publié le 11 mai 2017

Ce 29 avril, 100 jours se sont écoulés depuis que Donald Trump est devenu le Président des Etats-Unis. Cela ne l’a pas empêché de garder son compte twitter @realDonaldTrump plus qu’actif. Les médias traditionnels refusent de reconnaitre ses succès ? Qu’à cela ne tienne, Donald Trump est assez grand pour faire sa propre éloge. Revenons sur ces 100 jours au travers d’une sélection de 10 tweets. 

Le 20 janvier, Donald Trump devient officiellement le 45ème Président des Etats-Unis d’Amérique. Un nouveau leader avec un (presque) nouveau message : « Un gouvernement POUR le peuple, PAR le peuple ». Ces mots vous sont familiers n’est-ce pas ? Bien sûr qu’ils le sont, ils viennent d’un des plus célèbre discours d’Abraham Lincoln à Gettysburg, que Trump a réutilisé avec ingéniosité une fois élu. Par contre, en quoi Trump incarne « le peuple » d’une meilleure manière que les autres présidents avant lui, cela reste un mystère pour nous. Néanmoins, un actes valant milles mots, revenons sur ces 100 premiers jours semés d’embûches.

Premier problème pour Donald Trump : former son gouvernement. On parlait d’une Maison Blanche vide au début de la présidence de Trump, puisque le président n’accorde sa confiance qu’à des milliardaires, des militaires et sa famille, ce qui réduisait fortement les personnes qualifiées. Mais il a trouvé une nouvelle raison bien pratique à sa vacuité – pourquoi s’embêter à prendre des responsabilités dans des ministères controversés quand on peut blâmer les Démocrates, c’est bien à ça qu’ils servent.

Comment RENDRE SA SPLENDEUR A L’AMERIQUE ?

La devise de Donald Trump : créer des emplois en Amérique. Peu importe comment, il veut promouvoir le «  Made in US » et redonner une étincelle de vie au marché de l’emploi. Il a signé pour le pipeline de Keystone XL, projet de pipeline entre les Etats-Unis et le Canada, un projet sur lequel Barack Obama avait mis son véto, le jugeant trop dangereux pour l’environnement. Trump a même le culot de remercier la compagnie de pétrole tristement célèbre ExxonMobil. On a l’impression que tout ce qu’il manque à ce tweet, c’est l’émoticône dollars. Exxon peut remercier le président pour la bonne pub gratuite. 

Seulement 7 jours après sa nomination, Donal Trump a provoqué une vague d’indignation en interdisant aux gens venant de Syrie, Iraq, Somalie, Iran, Soudan, Lybie et Yémen d’entrer sur le territoire américain. Pour une fois son tweet n’est pas empathique, exagéré ou hystérique. Au contraire, le ton est solennel, atténué et presque mystérieux puisqu’il n’évoque même pas son décret. La stratégie de Trump est de convaincre les Américains que leur pays n’a aucun contrôle sur ses frontières et qu’on y entre comme dans un moulin. Faire croire que les mesures extrêmes sont les premières actions nécessaires fait bien partie de la rhétorique populiste. Heureusement, une semaine après, l’auto-nommé « Ban Musulman » a été bloqué par un juge fédéral, une décision approuvée par la Cour d‘appel. Echec.  

Un mur avec le Mexique. Vraiment ? Qui sera payé par les Mexicains. Sérieusement ? Le bon côté : jusqu’ici, Trump n’a pas réussi à trouver un seul dollar pour investir dans la construction de ce mur. Il a reporté les débats sur la question au mois de septembre, pour se donner le temps de mieux se préparer. Pas sûr que les Mexicains lui facilitent la tâche d’ici là. On peut au moins lui accorder qu’il n’abandonne jamais. 

Un des combats de Trump est de réussir à faire oublier son prédécesseur Barack Obama. Pour ce faire, quoi de mieux que de démanteler l’Obamacare ? Mais pas si vite ! L’équipe de Trump n’a pas encore d’alternative viable pour remplacer le système d’Obama. C’est facile de critiquer, mais quand il s’agit de présenter de meilleures alternatives, il n’y a plus personne pour tweeter. Le président nouvellement élu nous fait une confession : le sujet est en fait très complexe. Une excuse un peu faible pour une absence d’alternatives. Son gouvernement a dû retirer sa proposition de réforme, mais la guerre n’est pas perdue… A suivre.

Et en ce qui concerne les relations internationales ? 

Vous vous rappelez combien vous étiez horrifié quand est tombé la nouvelle de l’attaque d’une base militaire en Syrie par 59 missiles Tomahawk ? Et bien, cette décision a été prise par Trump lors d’un dîner, sans l’approbation du Congrès. Confondant l’Irak et la Syrie dans une tentative d’explication de sa décision, Trump s’est ridiculisé. Ce qui est aussi le cas quand on sait qu’en 2013, il a condamné l’intention d’Obama d’agir de la sorte. Mais comme on dit, il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis... Enfin, pas sûr que cela s’applique dans ce cas-ci. 

L’escalade fut rapide ! Cette démonstration de force entre la Corée du Nord et les USA n’est pas encore finie. Le premier ministre Nord-Coréen, Kim Jong-Un a touché une corde sensible et Donald Trump a répondu en déployant un arsenal militaire « en mesure préventive ». Trump passe la pommade d’une main au président chinois Xi Jinping et se moque de la Corée du Nord de l’autre. Quelle réaction impulsive sur un sujet de cette importance. Mauvais !  

Capture d’écran 2017-05-08 à 16.44.59.pngCapture d’écran 2017-05-04 à 15.45.17.png

Revenons sur la relation de Donald Trump avec l’OTAN. Vous êtes perdu ? Nous aussi. Une fois encore, difficile de suivre la position de Trump. Il l’a d’abord décrit comme obsolète, mais il a récemment changé d’avis : « J’ai dit que l’OTAN était obsolète, mais il ne l’est plus ». Un revirement soudain, qui surgit après avoir accusé l’Allemagne de devoir une grande quantité d’argent à l’OTAN. En réalité : les pays de l’OTAN ne peuvent pas « devoir » d'argent ni à l’OTAN ni aux Etats-Unis puisque le financement direct de l’OTAN est calculé selon une formule et payé par chacun des 28 membres. Est-ce trop demandé à celui qui est tellement pressé de critiquer et de dénoncer cette organisation de savoir de quoi il parle ?

Tweeter c’est controversé ?

Capture d’écran 2017-05-08 à 12.31.40.pngBeaucoup pensait qu’une fois devenu président, Donald Trump cesserait ses tweets impromptus et spontanés. Mais non. Il a continué à tweeter au pied levé et sur des sujets personnels. C’est dommageable que sa fille Ivanka et sa ligne de vêtement ait été critiqué dans les journaux. Mais est-ce vraiment le rôle d’un président de commenter ? En tweetant à ce sujet, c’est comme si Trump utilisait son pouvoir pour aider le business familial à croître. Un peu d’autopromotion n’a jamais fait de mal à personne. Mais un conflit d’intérêt pour le président ? Ce n’est pas génial. 

Même si 30 décrets ont été signés et 28 lois promulguées, les Américains attendaient de meilleurs résultats de Donald Trump, qui n’atteint que 40% de cote de popularité selon le baromètre Gallup, quand Barack Obama atteignait 69% au même moment de sa présidence et Georges Bush Junior 63%. Peut-être que s'il avait passé moins de temps à jeter de l’huile sur le feu sur twitter, il ne serait pas dans cette position. Mais après tout, c’est surtout de la faute des médias.