« Les peuples d’Europe ne croient pas au choc des civilisations »

Article publié le 21 octobre 2003
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Article publié le 21 octobre 2003

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Saper les préjugés chez les jeunes, telle est l’ambition du Programme Jeunesse Euro-Med de l’Union européenne. Décryptage avec Alejandra Martinez, responsable du programme.

Le processus d’élargissement à l’Est bientôt achevé, l’Union européenne se tourne vers son flanc sud. Mais arrive-t-elle à construire des ponts avec nos partenaires méditerranéens ? Après la conférence EuroMed pour la jeunesse à Malte en septembre 2003, nous discutons avec la responsable de ce programme Alejandra Martinez.

Café Babel : Pouvez-vous brièvement décrire les buts et les objectifs du Programme Jeunesse EuroMed ? Des évènements à venir pourraient sûrement intéresser nos lecteurs…

Alejandra Martinez : Le but du Programme Jeunesse Euro-Med est d’offrir aux jeunes des pays méditerranéens et des Etats membres de l’UE la possibilité de réaliser des projets qui permettront d’ouvrir leurs esprits et de saper les préjugés. A travers des échanges entre jeunes, des services volontaires, des formations et des séminaires où les jeunes sont directement impliqués, nous nous efforçons d’atteindre les trois objectifs du programme : stimuler la démocratisation de la société civile dans les pays partenaires méditerranéens ; améliorer la compréhension mutuelle et la cohésion entre jeunes à travers toute la région méditerranéenne ; et promouvoir l’échange d’informations, d’expérience et d’expertise entre organisations de jeunesse.

Des activités entrant dans le cadre du Programme Jeunesse Euro-Med sont organisées constamment et sont à voir sur le site http://www.salto-youth.net pour l’information sur les cours de formation Jeunesse Euro-Med. Sinon, contactez Marcos Andrade (Marcos.Andrade@coe.int), qui est responsable d’une série de cours de formation menée par le centre Nord-Sud à Lisbonne. Ces cours de formation s’assoient sur l’enseignement des droits de l’homme pour les jeunes.

De plus, un rendez-vous régional thématique est prévu en janvier 2004 (à confirmer) dans le contexte de la plate-forme Euro-Med pour la jeunesse. Cet événement sera ciblé sur les organisations directement engagées sur le thème proposé et ne fera pas intervenir plus de 50 associations.

Le processus de Barcelone est l’un des rares processus dans lesquels à la fois Israël et l’Autorité Palestinienne participent. Est-ce une source de difficultés pour la participation de ces deux parties pour les activités et les réunions du programme jeunesse ?

Dans le Programme Jeunesse Euro-Med, nous avons plusieurs projets où de jeunes Palestiniens ont participé au côté de jeunes israéliens. La commission supporte cette coopération puisque l’un des buts principaux du programme est la compréhension mutuelle. Notre but n’est pas seulement d’améliorer la coopération Nord-Sud mais également la coopération Sud-Sud.

Nous faisons fréquemment face à des problèmes avec la participation d’Israël à des projets. Dans certains cas, des participants libanais et syriens refusent d’y participer Ceci crée quelques difficultés. La Commission a alors limité la marge de manœuvre, tout en rappelant que les gouvernements ont signé une déclaration s’engageant à prendre part au processus.

Comment les suites du 11 septembre ont affecté les relations entre jeunes Européens et Arabes ? Diriez-vous qu’elles les ont divisés, ou que dans un sens, peut-être plus récemment, cela les a réunis ?

Après le 11 septembre, il a été clair que la coopération ne devait pas se limiter au domaine économique mais qu’elle devait être également tournée vers la société civile. La Commission européenne décida de développer une telle coopération en supportant des programmes au sein de la société civile. Des échanges jeunes, des séminaires et des cours de formation ont la capacité de rassembler des gens d’horizons culturels et religieux divers. A travers le respect et la connaissance de l’autre, la division culturelle peut disparaître. Le projet Jeunesse Euro-Med a montré que cela était possible.

Comme le Président de la Commission, Romano Prodi, l’a récemment déclaré à Alexandrie, les peuples d’Europe ne croient pas au choc des civilisations, mais à la proximité fondée sur la paix et le dialogue. La volonté politique croissante de développer le dialogue et d’accroître la place de la dimension humaine de notre coopération Euro-Mediterranéenne a conduit récemment à des actions majeures : la création de la fondation Euro-Medittéranéenne pour le dialogue interculturel (à confirmer lors de la réunion du ministre des Affaires Etrangères à Naples en décembre) ; des programmes de développement centrés, entre autres, sur l’éducation secondaire (Tempus Meda).

Contre la montée du néo-fondamentalisme islamique, l’UE améliore le dialogue et la coopération basée sur le respect d’autrui, l’égalité, la liberté de conscience, la solidarité et la connaissance.

Par rapport au précédent programme, quels sont les nouvelles caractéristiques du programme jeunesse Euro-Med II?

Les priorités établies pour cette phase sont les cours de formation et le travail en réseau. L’objectif est de développer les capacités des organisations dans le sud de la Méditerranée.

La Commission a décidé de développer plusieurs activités de support dans le but de répondre à ces besoins : en créant un Centre de Ressource (SALTO Euro-Med) qui fournit un soutien aux organisations de formation et aux coordinateurs nationaux et agences nationales sur la mise en oeuvre du programme ; une convention avec le Conseil de l’Europe focalisée sur la formation Euro-Med a été développée ; Enfin, une nouvelle plate-forme, où des organisations venant des deux côtés de la Méditerranée peuvent débattre, discuter, se lier et échanger des expériences et des savoir-faire, a été lancée.

Ces mesures nous ont mené à une phase consolidée du programme, qui a vue le nombre des candidatures et la qualité des projets s’accroîtrent. Une nouvelle évaluation sera lancée en 2004 pour définir les besoins de la troisième phase du programme pour les prochaines années.

Un nouveau défi a été ajouté pour les prochaines années (dès en 2004) avec la stratégie d’élargissement et la pleine participation des nouveaux entrants dans la coopération euro-meditérranéenne. Pour préparer la phase suivante, les organisations sont également invitées à partager leurs opinions sur le programme au sein d’un espace créé par le secrétariat de la plate-forme Jeunesse Euro-Med sur celle-ci.