Les petites et moyennes entreprises, superhéros de l'UE

Article publié le 24 novembre 2014
Article publié le 24 novembre 2014

Ce ne sont ni les gouvernements ni les multinationales : les premiers générateurs d’emplois dans l’Union Européenne sont les PME (Petites et Moyennes entreprises), qui concentrent 85% des nouveaux emplois créés ces dernières années. Mais ce sont aussi les entreprises les plus touchées par la crise économique et qui rencontrent le plus de difficultés pour survivre.

Les PME (entreprises qui comptent entre 5 et 250 employés) sont le moteur principal de l’économie européenne, ce qui découle évidemment du fait que la majorité des entrepreneurs choisissent cette forme d’entreprise. Elles représentent ainsi 99% des commerces et 67% des emplois du secteur privé de l’UE. Le problème est que ce sont elles qui ont justement le plus souffert de la crise économique et qui, en conséquence, ont supprimé le plus d’emplois. Elles représentent une perte de 2,4% des emplois en moyenne pour l’ensemble des Etats-membres, alors que pour les grandes entreprises, ce nombre est de 0,95%.

De la difficulté d'être petit

Les PME doivent faire face à une grande variété d’obstacles et de difficultés pour se financer, des démarches administratives compliquées et, entre autres, des niveaux élevés d’imposition. En fonction du pays où elles se trouvent, ce sera l’un ou l’autre de ces casse-têtes auquel elles vont être confrontées. Selon une étude publiée par la Commission européenne, les PME de Chypre, Grèce, Slovénie, Lituanie, Croatie, Irlande, Espagne, Portugal et Italie sont celles qui ont le plus de problèmes pour accéder à des financements. Ironiquement, cela créer un cercle vicieux puisque ces pays sont également ceux qui subissent de plein fouet la crise, et qui nécessitent donc le plus de financements. Les PME belges ne sont pas en reste, car si elles ont mieux résisté à la crise économique, elles doivent maintenant supporter des coûts d’exportation de 20% supérieurs à la moyenne européenne.

Statu quo

Il existe aujourd’hui des mécanismes d’aide et de soutien aux PME. Parmi les plus importants, on peut citer les Fonds structurels et d'investissement européens et la Stratégie Europe 2020 par laquelle s’établit un contrat d’association entre la Commission et chaque Etat-membre pour réussir à atteindre tous ses buts et objectifs. En 2008, le "Small Business Act" fut également adopté, ce qui marqua pour la première fois la reconnaissance du rôle des PME dans l’économie européenne et posa les bases d’un cadre politique pour une action globale. Cette initiative a pour but de créer un climat favorable au développement des PME à travers des politiques communautaires et nationales. En dépit des succès remportés grâce à ces programmes et initiatives, les problèmes déjà mentionnés persistent. La confédération espagnole des petites et moyennes entreprises (CEPYME) affirme catégoriquement dans un rapport : "C’est seulement avec un maillage de PME prospères, qui est pour l’instant très affaibli par la crise économique, que l’Union européenne sera en mesure de relever les défis économiques majeurs, à court et moyen terme". L’association espagnole considère que le "Small Business Act" a mis en place des politiques publiques parfaitement efficaces mais qu’il y a toujours des défaillances importantes dans son application. C’est pour cette raison qu’elle appelle à un engagement plus fort du côté de la Commission européenne.

Quelle est la prochaine étape ?

Selon la CEPYME, il faut maintenant aller plus vite dans la création de l’Union bancaire et d’un Mécanisme de Surveillance Unique. Cette nouvelle institution supprimerait la territorialisation bancaire,  c’est-à-dire la dépendance des banques aux banques centrales nationales (par exemple à la Banque d’Espagne dans le cas de ce pays), et faciliterait l’accès aux financements, tant pour les entreprises que pour les citoyens. Et ce qui semble le plus important, favoriserait une meilleure répartition des coûts. D’après un article de Joaquín Maudos publié dans “Cuadernos de Información Económica” une entreprise espagnole paye 77% de plus qu’une entreprise allemande pour obtenir un financement. La fameuse crise de la dette souveraine fait que les pays affectés payent en moyenne 85% de plus pour leur financement. Le 4 novembre dernier, le Mécanisme de Surveillance Unique (MSU) a été mis en place : c’est le premier pas vers une Union Bancaire en matière de supervision des banques européennes.

Reste à voir si les 28 Etats-membres arriveront à se mettre d’accord pour finir ce qu’ils ont commencé. On pourrait dire que la survie économique de l'Union européenne est désormais entre leurs mains.