Les Papilles Multilingues

Article publié le 8 janvier 2008
Article publié le 8 janvier 2008
par Viviane de Laveleye, étudiante à l'IHECS Quai au Foin, numéro 51, son discret du vin coulant dans les
Après le cours, les élèves sont invités à manger ce qu’ils ont cuisinéverres. Isabelle annonce : « C’est un Collioure Blanc, c’est ma dernière bouteille donc profitez-en bien. Ca va mettre vos papilles en action. » Les verres s’entrechoquent, les « cheers » et « santé » retentissent. Il est 17h20 au Cooking-Time, un drink de bienvenue est offert aux futurs chefs coques avant que le cours de cuisine ne commence. Le vin réveille les papilles et les commentaires fusent en français ou en anglais.

Le groupe d’apprentis cuisiniers nous offre un impressionnant panel de nationalités. Ils sont dix : un Allemand vivant en Grande-Bretagne, une Hollandaise aux origines portugaises, une ‘Franco-Italo-Brésilienne’, une Finlandaise, une Française, un Américain et quatre Belges. Au programme du cours, trois recettes et autant de voyages à travers les cultures culinaires italienne, asiatique et internationale : ‘risotto’, poulet thaï au lait de coco et, comme dessert, fondant au chocolat.

Après le cours, les élèves sont invités à manger ce qu’ils ont cuisiné Isabelle, le professeur, est française mais elle leur donne le cours en anglais, chose peu aisée quand on s’attaque au vocabulaire culinaire. « Nous allons maintenant ‘chemiser le moule’, je ne sais pas comment le dire en anglais ». « En italien peut-être ? ». « Imburrare ! » répond l’Italienne. Les mains s’activent. Coriandre, citronnelle, gingembre, bergamote, les épices sont pelées, coupées, taillées, broyées dans un flot d’odeurs exquises. L’Asie se faufile dans les narines européennes.

Tout en cuisinant, les novices discutent de choses et d’autres : « Je vis à Bruxelles depuis deux ans maintenant. Et toi ? » « Moi un mois seulement, mais je me plais déjà beaucoup ici. » Oui, Bruxelles est une capitale où il fait bon vivre. Et où les nationalités se mélangent. Que ce soit sur les lieux de travail, dans le métro, dans les boutiques, dans le milieu de la nuit, ou… chez les amis de la gastronomie, ça sent l’Europe à Bruxelles.

Photos : Viviane de Laveleye