Les ours ne s’y connaissent pas en frontières (ni en politique)

Article publié le 30 octobre 2008
Article publié le 30 octobre 2008
L’agression d’Hvala, un des ours du programme de réintroduction du plantigrade dans les Pyrénées Françaises mis en place par l’Union Européenne , sur un chasseur dans la municipalité de Les (Val d’Aran) a relancé le débat sur la viabilité de la cohabitation entre les ours et les êtres humains dans une zone de haute montagne qui, ces dernières années, a connu un développement économique et
urbanistique dû à la construction et au tourisme d’hiver.

Les réactions du monde politique aranais (le Val d’Aran, dont la culture est Occitane, est un territoire autonome de la Catalogne) ont été immédiates. Le President du Conselh Generau de la Val d’Aran, Francés Boya, réclame "le retrait des ours du territoire" et affirme que "la réintroduction de l'ours a été un échec". C’est une opinion que ne partage pas le Conseiller pour l’environnement de la Generalitat de Catalunya, Francesc Baltasar, qui explique "qu’on ne peut pas arrêter le programme de réintroduction" seulement à cause d’une rencontre fortuite.

Quoi qu’il en soit, Hvala est devenue l’objectif numéro 1 pour les gardes forestiers de la vallée pyrénéenne, lesquels ont déjà commencé leur propre recherche avec l’aide de l’émetteur porté par l'ourse brune. Cette chasse n’est pas partagée par les mouvements conservateurs : par exemple les membres de l’association Ecologistes en Action, qui jugent la mesure prise par le Conseil d’Aran disproportionnée et inappropriée et proposent une régulation plus grande de la chasse pour éviter les rencontres entre les hommes et les ours.

Tout ceci ne manque pas de rappeler le débat qui a surgi il y a quelques années dans les départements frontaliers français quand le programme de réintroduction négocié par l’UE, la France et l’Espagne a commencé. Un débat qui éclate maintenant en Espagne du fait que la plupart des ours préfèrent vivre en terre aranaise que dans les bois du Midi-Pyrennées. Il est vrai que les ours ne s’y connaissent ni en frontières ni en politique.

Traduction: Núria Hernández Photo: Nakisi (Flickr.com)