Les “Nanars” ou l'amour pour le mauvais goût

Article publié le 28 mars 2012
Article publié le 28 mars 2012
Par Alfonso de Cea Les ‘nanars’ ou “films cultes” sont des expressions fréquemment utilisées dans les médias, bien qu'il y ait souvent une confusion dans la signification de ce concept. ‘The Good, the Bad and the Ugly of Cult’, une conférence appartenant au Festival Offscreen 2012 de Bruxelles, essaie d'expliquer les particularités de ce genre cinématographique.
Le festival Offscreen 2012, un rendez-vous annuel des passionnés du cinéma de l'étrange et des films cultes, fête son 5ème anniversaire du 7 au 25 mars 2012.

Une dévotion pour les films cultes

Les "midnight movies" des années 70 ont introduit le terme “nanars” aux États Unis. Les films cultes sont considérés comme des films-rituels. Certaines personnes, qui ont une dévotion pour un film culte, assistent souvent déguisées à de nombreuses séances du même film comme si elles participent à une cérémonie religieuse. C’est le commencement d’un concept qui génère une controverse.

Selon Jamie Sexton, professeur de l’Université de Northumbria (Newcastle, Angleterre), «Il s’agit de films avec un petit mais fort groupe dévoué de fans. Des audiences dévotes oui, mais petites?. Si on met comme exemple "The Big Lebowski...

L'amour d'un film au-delà de toute raison

Combien de fois avez-vous regardé "Quadrophenia" ou "The Rocky Horror Picture Show"? Il existe différentes caractéristiques des nanars; la première se rapporte à une vague culturelle qui expose une tendance des “sous-cultures”. Malgré les changements sociaux et l’émergence de la technologie, il existe encore des films cultes qui font appel à une “sous-culture” plus ancienne, comme par exemple Rasta rocket qui aspire à la sous-culture “rastafari”.

La deuxième caractéristique concerne les films “transgressifs”, souvent les séries B. Ce sont des films censurés voire réprimés qui portent un discours autour de la violence, du sexe et de la drogue. Parmi les films de séries B, on peut trouver des œuvres cinématographiques qui peuvent être considérés comme de “bons films cultes” tels que “Inferno” de Dario Argento. Les critiques ont accueilli le film comme une œuvre d’art qui a su développer un culte bien mérité.

Russ Hunter, Université de Northumbria parle du "cult appeal" d’Argento : «Dans ses films, la beauté du moment de la mort est très importante. Ce sont des récits confus mais avec des effets visuels d'une qualité hallucinante».

Les mauvais films peuvent- ils être des films cultes?

I.Q. Hunter de l’ Université de Montfort à Leicester affirme que « les ‘Badfilms’ sont des objets de ridicule, mais aussi adorés par leur transgressif et mauvais goût, sa distance par rapport au courant dominant, ainsi que par la déconstruction des clichés d'Hollywood ». Même les films les plus ridiculisés, tel que "The Room", contiennent des “plaisirs-culte” non imaginables dans les succès traditionnels. Quelle est la frontière entre un bon et mauvais film culte?