Les lieux de la Turin post-industrielle: d'usines à centre culturels PARTIE II

Article publié le 3 juillet 2015
Article publié le 3 juillet 2015

La nouvelle âme underground de la ville.

Nous continuons notre voyage en périphérie de la ville avec 5 autres lieux qui furent le fleuron de la production industrielle turinoise et qui aujourd'hui sont devenus des centres récréatifs et culturels. Si vous avez manqué la partie 1, retouvez-la ici.

CAVALLERIZZA 

Écuries royales en 800, le complexe de la Cavallerizza dans le centre (juste derrière la Mole Antonelliana) a ensuite été acheté par la ville de Turin qui l'a confié au Teatro Stabile pour qu'il le transforme en un centre culturel. Patrimoine de l'UNESCO, il a longtemps été un lieu de théâtre, mais traverse actuellement une période sombre: par manque de fonds il a été cédé au plus offrant qui, il semblerait, voudrait en faire un hôtel. Les habitants de Turin n'ont pas tardé à protester, et un collectif de défense de la Cavallerizza  qui l'occupe  y organise des événements culturels. Si vous voulez, vous pouvez aider en signant la pétition pour arrêter l'horreur. 

PARCO DORA 

Le Parc Dora est l'Exemple de parc post-industriel: le ciment a laissé place à l'herbe. Situé dans la zone de Spina 3, où jusqu'aux années 90 surgissaient les grands établissements industriels de Fiat et de Michelin, il a pris le nom du fleuve qui le traverse, la Dora Riparia. Utilisé par les Turinois pour leur jogging ou leur promenade dominicale, il présente encore les signes de son passé industriel: de hauts piliers rouges ayant appartenu au hangar de décapage y campent, la tour de refroidissement qui est devenue l'élément distinctif du parc, et les bassins de décantations transformés en jardins aquatiques. A noter, les fresques murales dédiées à Bobby Sands, entre chopes de bière, chapeaux irlandais et croix celtiques.  

MANIFATTURA TABACCHI 

L’ex Manifattura Tabacchi de Corso Regio Parco, dans la banlieue nord, un temps une usine de tabac et une des fabriques les plus productives de la ville, a commencé son déclin dans les années 90. Puis, après une période d'abandon, il est devenu, après un relooking complet, le centre des inscriptions universitaires de Turin. Cependant, le charme de Turin est que, même après rénovations, ces anciens fleurons de l'industrie ne brillent pas d'une splendeur factice, mais restent toujours un peu décadents. Et c'est pour çà que nous les aimons.

FONDERIE LIMONE 

La Fonderie Limone ne se trouve pas à proprement parler à Turin, mais à Moncalieri, une ville aux portes de Turin. Auparavant source d'emplois pour de nombreux citoyens, depuis les années 90, et la fermeture, elle est devenue "l'usine des arts" et lieu de production théâtrale, grâce à la collaboration avec le Teatro Stabile, devenant ainsi un pôle unique en son genre en Italie, ouvert à la création et au développement d'idées au service de tous.

VILLAGGIO LEUMANN 

Le village Leumann est situé quant à lui dans la ville de Collegno. Il faut absolument le mentionner dans cette liste puisque peu de gens connaissent son existence (y compris à Turin), mais c'est un endroit tellement agréable qu'il mérite au moins deux lignes. Construit à la fin des années 1800 par un entrepreneur illuminé d'origine suisse, Napoléon Leumann, cet immeuble abritait l'usine et les maisons ouvrières. Cependant, le village était beaucoup plus qu'un noyau résidentiel annexé à une usine. Il constituait en effet une zone où le travail, la famille, les loisirs, les aménités sociales étaient étroitement liés l'un à l'autre, formant un cadre socialement évolué et efficace. Les Suisses savent comment s'y prendre. Aujourd'hui, seul le noyau résidentiel est resté intact, mais ce qui est remarquable est le style et l'architecture du village, dans le plus pur style helvétique qu'à Turin on n'avait jamais vu et qu'on ne verra certainement plus jamais.