Les législatives aux Pays-Bas : des élections en Rutte

Article publié le 11 septembre 2012
Article publié le 11 septembre 2012
Avant les élections législatives néerlandaises mercredi, se dessine un duel entre les libéraux au pouvoir et les sociaux-démocrates. Les populistes de droite et les socialistes, critiques de l'UE, marquent le pas. Les commentateurs se réjouissent que les électeurs se détournent de l'europhobie et jugent que le Premier ministre Mark Rutte, de par ses attaques populistes, a galvaudé sa crédibilité.

Dagens Nyheter – Suède : la résistance contre Wilders

La politique anti-européenne du populiste de droite Geert Wilders et sa demande d'un départ des Pays-Bas de la zone l'euro doit être fermement rejetée, demande le quotidien libéral Dagens Nyheter : « Seule l'ouverture et de bons arguments peuvent sauver l'euro et l'UE. Wilders doit rencontrer une résistance et des statistiques peuvent être employées contre lui. [Contrairement aux affirmations de Wilders] les artisans venus de Pologne et d'autres pays d'Europe de l'Est ne vivent pas des aides mais ont un emploi et travaillent dur. Les Néerlandais profitent de la libre circulation au marché du travail. … Le fait que les populistes de droite comme de gauche aient perdu du terrain [d'après les sondages des dernières semaines] peut être perçu comme le signe positif que les électeurs comprennent ce qui est en jeu. Mais après avoir suivi ce débat électoral empoisonné, il faut se demander où on en est vis-à-vis de l'euro et de l'UE. »

(Article publié le 11.09.2012)

Il Sole 24 Ore – Italie : le populisme en berne

Aux élections aux Pays-Bas se profile un duel entre sociaux-démocrates et libéraux. Heureusement les populistes ne sont plus écoutés, se réjouit le journal économique libéral-conservateur Il Sole 24 Ore, soulagé : « Geert Wilders [le président des populistes du Parti de la liberté PVV] ne réitérera pas sa brillante performance de 2010. Le risque d'un noyautage islamique des Pays-Bas, le cheval de bataille de la campagne irascible qu'il a menée à l'époque, laisse de marbre les électeurs néerlandais. Geert le blond s'est reconverti et a remplacé l'islamophobie par l'europhobie. Mais ses critiques de l'austérité prescrite par Bruxelles - Wilders préconise le retour au florin - pas plus que ses diatribes contre les pays endettés d'Europe méridionale empestant l'ail et soutirant leur argent aux honorables Néerlandais, ne trouve d'écho. Le socialiste Emile Roemer n'inquiète pas vraiment non plus les gouvernements européens. … Sa campagne électorale contre l'austérité et sa révolte contre Bruxelles ne semble pas porter ses fruits. »

(Article publié le 11.09.2012)

De Volkskrant - Pays-Bas : Rutte doit se calmer

Dans la campagne électorale néerlandaise, le Premier ministre libéral Mark Rutte a attaqué les sociaux-démocrates et les a qualifiés de danger pour le pays. Le Premier ministre construit ainsi une opposition artificielle, critique le chroniqueur Pieter Hilhorst dans le quotidien de centre-gauche De Volkskrant : « Dans un tel duel, il convient de clamer à ses partisans ce qu'ils veulent bien entendre ('pas davantage d'argent pour les Grecs') et caricaturer son opposant ('avec les sociaux-démocrates l'économie se rétracte'). Rutte a galvaudé sa crédibilité en seulement trois semaines. D'après un sondage, seuls 29% des électeurs jugent Rutte honnête. [Son opposant social-démocrate], Samsom avec 41% des intentions de vote, est largement devant. Le VVD [de Rutte] est traditionnellement le parti qui expose les vérités désagréables en période de crise. … Aujourd'hui, Samsom souligne que l'on ne peut pas embellir la situation. Tandis que Rutte s'affiche comme militant proche de la population, Samsom assume le rôle de l'homme d'État. Le paradoxe, c'est que si Rutte diabolise la gauche, il ne croit pas une seule seconde à ce qu'il dit. … Toute sa campagne revient à mépriser l'intelligence des électeurs. »

(Article publié le 11.09.2012)

Photos : Une (cc)|| UggBoy♥UggGirl || PHOTO || WORLD || TRAVEL ||flickr; Texte (cc)Arturo de Albernoz/flickr