Les Françaises, poids plume de l'Europe

Article publié le 17 mai 2009
Publié par la communauté
Article publié le 17 mai 2009
femme minceC'est le printemps (officiellement en tout cas) un phénomène saisonnier pointe son nez tous les ans à la même époque... Il touche tout particulièrement la gente féminine. Les mots : « maillot de bain », « jupe et robe légères », « short et débardeur » ne vous sont pas inconnus ? Et bien oui, c'est la saison des régimes qui fleurissent sur les couvertures des magazines féminins. Mais contrairement à ce que les Françaises pensent, elles sont les plus minces d'Europe.

Les femmes plus critiquent sur leur poids

C'est en tout cas ce que souligne une enquête de l'INED (Institut National d'Etude Démographiques) publiée en avril dernier. Basée sur un sondage Eurobaromètre mené en 2003 sur 16 300 citoyens de 15 pays âgés de 15 ans et plus, l'analyse souligne que près de la moitié des Européens interrogés se déclare insatisfait par leur poids. Les femmes se montrent encore plus critiques vis-à-vis de leur physique, à hauteur de 51%, seulement 39% pour les hommes. Petit hic : ces messieurs seraient en réalité en surpoids réel. « Ils considèrent plus souvent le sous-poids comme un problème » précise Thibaut De Saint Pol, auteur de l'étude, « une corpulence importance étant valorisée chez eux en tant que signe de force. » Une plus grande tolérance culturelle donc... Et cette différence est d'autant plus criante en France. Car l'IMC (c'est à dire Indice de Masse Corporelle calculé en fonction de la taille et du poids), des Françaises est de 23,2 alors que la moyenne européenne est de 24,5. Il semblerait qu'en France, le sous-poids soit valorisé : deux fois moins de Françaises jugent leur poids trop faible contrairement à leur congénères du Royaume-Uni, de l' Espagne et du Portugal qui sont plus nombreuses à juger leur poids inférieur à ce qu'il est réellement. Ce sont en effet les Britanniques, puis les Grecs qui présentent les IMC les plus élevés (près de 26,5).

Obésité et dictature de la minceur

Mais le poids idéal est-il perçu partout pareil en Europe ? Selon l'enquête de l'INED, « appréhender l'idéal pondéral à l'échelle d'une société est difficile, en particulier parce que cette notion est très subjective » Seule tendance, plus l'IMC générale augmente plus le nombre d'individus se trouvant trop mince décroit et vice versa... Il n'empêche on assiste à une dichotomie entre le réel et le fantasme autour de la minceur. D'un côté le nombre d'obèses en Occident ne cesse d'augmenter, en particulier chez les enfants, de l'autre les images publicitaires et les photos sur papier glacé renvoient au contraire – pour les femmes notamment – à une obligation de minceur et de corps sculptural. Le récent« succès » de la pilule Alli en France et Belgique, malgré de nombreux effets secondaires pour le moins dérangeants, ne dément pas cette obsession contemporaine du poids .

Source

- Etude “Surpoids, normes et jugements en matière de poids : comparaisons” par Thibaut De Saint Pol

Crédit photo : Geoffroy Demarquet/FlickR

Johara BOUKABOUS