Les Européennes : on est loin des JO

Article publié le 26 janvier 2009
Article publié le 26 janvier 2009
En juin 2009, il n’y aura pas une élection européenne mais 27 élections nationales. En attendant que les Européens aillent voter ensemble (avec un peu de chance en 2014), le même jour, voici les raisons et les inconvénients du système actuel.

L’eurodéputé libéral Andrew Duff travaille depuis des mois à un projet de réforme électorale pour les élections européennes. Cependant, nous ne verrons rien de nouveau sous le soleil avant 2014. Car pour l’instant, c’est comme cela. Comment ?

Un marathon médiatique

L’un des reproches faits aux élections européennes par les médias est qu’elles durent quatre jours et que cela revient très cher à couvrir. Il est impossible de concentrer l’attention du public sur un même sujet aussi longtemps, à moins qu'il ne s'agisse des Jeux olympiques ou de la Coupe du monde de football. Dans l’agenda de la réforme, il est prévu de réduire cette durée de vote à deux jours : samedi et dimanche. Il sera ainsi rentable pour les médias de concentrer leurs efforts sur leur programmation électorale et toute l’Europe y serait collée pendant deux jours. Pour l’instant, les pays qui votent un autre jour que le classique dimanche sont la République tchèque, le Danemark, l’Irlande, l’Italie, la Hollande et le Royaume-Uni.

L’allergie aux jeunes

A cafebabel.com, on a souvent pointé du doigt le vieillissement massif des politiciens européens. Ce n’est pas que les élections au Parlement soient interdites aux jeunes, mais dans certains pays, il est difficile de se présenter quand on conserve intacts l’énergie et l’espoir dans la politique. En Belgique, en Bulgarie, en République Tchèque, en Estonie, en Grèce, en Lituanie, en Pologne, au Royaume-Uni et en Slovaquie, il faut avoir 21 ans pour se présenter aux élections. En France et en Roumanie, il faut attendre d’en avoir 23. Le comble de cette allergie aux jeunes est représenté par l’Italie et Chypre où jusqu’à 25 ans, on peut oublier la politique en première ligne.

Le pourcentage minimum ou la guillotine

Certains pays ne permettent pas la représentation électorale aux formations ou aux candidats qui ne dépassent pas un pourcentage minimum de voix. C’est ce que l’on appelle dans le jargon la guillotine électorale, laquelle rend difficile la représentation des petits partis ou des formations naissantes et favorise la domination des grands partis. La Grèce exige 3 % de voix. L’Autriche, la Slovénie et le Royaume Uni exigent jusqu’à 4 %. Cependant, la France, l’Allemagne, la Hongrie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie vont jusqu’à en exiger au moins 5.

La bataille des circonscriptions

L’une des premières réformes que veulent introduire Duff et de nombreux autres parlementaires de tous les partis est la généralisation de la division de chaque pays en différentes circonscriptions régionales ou même plus petites. Surtout dans les pays de plus grande superficie. Cependant, l’Allemagne, l’Espagne et la Roumanie, qui ont toutes une circonscription unique, s’y opposent radicalement : les grands partis perdraient beaucoup de pouvoir et de nombreux eurodéputés sans lesquels, surtout en Allemagne et en Espagne, ils ne contrôleraient pas les groupes politiques européens et les postes clés du Parlement.

Plus le nombre de circonscriptions électorales en lesquelles se divisent un pays est élevé, plus la possibilité que de petits partis ou des partis locaux obtiennent une représentation parlementaire est grande. De plus, plus la circonscription est petite, plus le député connaît ses électeurs et leurs besoins, en même temps que les électeurs le reconnaissent en le rencontrant dans la rue. La relation entre électeur et élu est très directe. L’inconvénient est que ces députés ignorent plus facilement la discipline de parti et la cohérence idéologique laisse beaucoup à désirer.