Les dirigeants européens sont sceptiques : combien de temps avant que le Brexit ne soit enclenché ?

Article publié le 22 décembre 2016
Article publié le 22 décembre 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Les dirigeants européens soutiennent la récente nomination de Michel Barnier, nouveau négociateur européen en chef. Celui-ci, désireux de venir à bout du Brexit sous 18 mois, a été élu hier soir lors de la réunion du Conseil Européen. Le Parlement européen n'a donc pas son mot à dire dans les négociations, même si son feu vert sera nécessaire lors de la décision finale.

La réunion du Conseil Européen du 15 décembre était un nouvel épisode du célèbre "pas de négociation sans notification", avec la participation des dirigeants de l'Union Européenne qui n'ont pas manqué à leur rôle. En d'autres termes, nous n'en saurons pas plus sur la position de l'Union Européenne avant fin mars ; période à laquelle, comme l'a rappelé avant le sommet la Première ministre britannique Theresa May, le Royaume-Uni notifiera alors son intention de se retirer de l'Union conformément à l'article 50 du Traité de Lisbonne.

En attendant, les dirigeants européens ont soutenu la décision de la Commision vis-à-vis du Brexit : Michel Barnier est désormais le nouveau négociateur officiel pour la Comission européenne. Il prépare d'ores et déjà les négociations prochaines aux côtés d'un service spécial composé de 22 personnes.

Ceci pourrait être le signe d'un Brexit rapide : Michel Barnier a annoncé la semaine dernière que le processus devrait seulement durer 18 mois. Theresa May est d'accord pour que l'échéance arrive rapidement : "Nous désirons que cette rupture s'effectue de manière aussi pacifique et ordonnée que possible" a-t-elle affirmé. De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel estime qu'il n'est pas nécessaire de se presser : "il ne s'agit pas d'un sujet urgent" a-t-elle déclaré.

Il existe néanmoins un autre élément à prendre en compte : le Parlement européen ne joue aucun rôle décisif dans ces dispositions. Guy Verhofstadt, négociateur en chef du Brexit pour le Parlement européen, a menacé d'entamer les négociations avec les autorités britanniques de son propre chef s'il est mis sur la touche : "Mieux vaut que je sois à l'intérieur de la tente et que je pisse dehors, plutôt qu'à l'extérieur de la tente et que je leur pisse dessus" a-t-il dit, citant l'ancien président américain Lyndon B. Johnson.

Suite à l'accord du Conseil européen, Verhofstadt et d'autres représentants du Parlement européen seront conviés aux entrevues préparatoires qui regroupent des représentants des 27 états membres, ainsi qu'à des réunions où ils échangeront leurs vues avec Donald Tusk, le président du Conseil européen. Ceux qui se joindront à Michel Barnier pour négocier avec le Royaume-Uni seront des représentants provenant de la présidence tournante du Conseil : Malte, l'Estonie, la Bulgarie et l'Autriche - si les négociations respectent l'échéance fixée par Michel Barnier.

Les dirigeants européens ont déclaré ne pas vouloir dévoiler leur position avant que le Royaume-Uni ne déclenche l'application de l'article 50. Theresa May semblait particulièrement pressée de connaître leurs intentions et de lancer la partie : elle a évité une conférence de presse, a fait un discours de seulement 45 secondes et n'a accepté aucune question, avant de rejoindre sa voiture officielle. De toute façon, elle semble n'avoir aucun ami à Bruxelles.