Les députés élus gouvernent de moins en moins aux parlements. Nos élus gouvernent de moins en mois

Article publié le 28 novembre 2012
Article publié le 28 novembre 2012
“Nos élus gouvernent de moins en moins”. C’est avec ces paroles que Francisco Sánchez, président national de Facua, expliquait hier un des motifs pour lesquels plus de 150 organisations de toute sorte ont manifesté dans 57 capitales espagnoles sous la coordination de la plate-forme Cumbre Social. Les bannières de cette écrasante grogne citadine ?
Les cris contre les coupures de budget dans la Santé et l’Éducation, mais aussi contre les mesures d’austérité concernant les fonctionnaires ou contre le projet de Budget National pour l’année 2013.

L’Espagne hantée par la Grèce

Ce sont les fonctionnaires, les syndicats, les professions libérales, les différents corps de Police et les citoyens anonymes qui ont exprimé leur mécontentement tout le long du pays pendant toute la journée d’hier. À Séville, Rosendo Martínez, représentant provincial du CSI-F, en tête de la manifestation, a fait appel à la responsabilité des politiciens afin qu’ils prennent une véritable conscience des conséquences des réductions budgétaires, “le remplacement d’un fonctionnaire pour cause de maladie est très important afin que le service -dans la Santé ou l’Éducation- soit de bonne qualité, par exemple”. “Nous avons essayé de parler, de négocier, mais ces tentatives n’ont pas eu du résultat effectif, et c’est pour cela que nous sommes ici”, raisonnait Martínez.

pancarta3.jpg Cafebabel.com Sevilla n’ose pas encore offrir un chiffre pour le nombre de participants à la manifestation du 7 octobre, étant donné que les chiffres officiels et ceux des organisateurs sont très divergents. Par contre, on peut affirmer, selon le CIS, qu’un tiers des électeurs du PP regrette de l’avoir fait et demande la démission de Rajoy.

Est-que Rajoy gouverne vraiment le pays ? Est-que Merkel gouverne en Allemagne ? Et Obama aux États-Unis ? Il semblerait que nous soyons soumis aux directrices des marchés mondiaux et que ce soit eux qui nous gouvernent en réalité sans qu’on s’en aperçoive. Nos voisins méditerranéens, de par leur expérience, nous prédisent l’effondrement, l’endettement de plus en plus pesant des familles, conséquence de l’obédience au diktat de la troika. Bref, une perte accelérée du pouvoir d’achat et une récession économique sans commune mesure.

Fraude électorale

Francisco Sánchez, président national de Facua, qualifie le programme de Rajoy de “fraude électorale” : “il est en train de mettre en place des mesures qu’il avait promis de ne pas mettre en route”, a-t-il ajouté. Ainsi, il se demande pourquoi la publicité patronale trompeuse est punie par la loi tandis que pas les programmes électoraux qui ne sont pas respectés. Francisco Sánchez propose que le Parlement adopte des lois qui pénaliseraient les partis qui “trompent”. “Le vote est un contrat social signé, grâce auquel le citoyen élit son représentant ; si le représentant manque à son programme, il devrait être interdit de légiférer pendant 4 ans et s’en tenir aux conséquences, quelque soit son parti, qu’il soit de gauche ou de droite".

La secousse de DRY

pancarta2.jpg Sans doute, DRY est apparu comme un révulsif pour la jeunesse à l’échelle nationale et internationale. Même si ses lignes d’action restent pas bien définies, des citoyens âgés entre 18 et 35 s’inquiètent pour leur retraite, pour leur besoin d’une santé universelle ou d’une éducation gratuite ; des questions qui reflètent des soucis qui jusqu’à présent ne touchaient pas si directement les nouvelles générations. Bien que ce magazine n’ait pas pu identifier un représentant de ladite plate-forme, il a pourtant pu vérifier que beaucoup de jeunes se sont mobilisés suite à l’appel annoncé sur les réseaux sociaux de @democraciareal.

Les syndicats majoritaires

Nous avons observé dans toutes les villes espagnoles la participation majoritaire des syndicats UGT et CCOO pendant les manifestations : il s’agit ici des principales centrales de travailleurs du pays. Cependant, chez Cafebabel.com Sevilla nous tenons à souligner que leur présence n’a pas été des plus visibles, encore que ses militants étaient parmi les plus nombreux. Les demandes ont été très consensuelles et respectueuses. Un seul incident à signaler à Séville : UGT et CCOO ont émis leur veto à la bannière érigée par le CSI-F. Ces derniers ne visaient pas Rajoy, tandis que les premiers lui reprochaient tout. Les syndicats seraient-ils réellement indépendants ? N’imitons pas cette caste politique que nous critiquons avec des luttes byzantines.

Clara Fajardo

Traduction: Maribel García Lafuente