Les cinq règles d’or pour un Erasmus réussi

Article publié le 5 février 2008
Publié par la communauté
Article publié le 5 février 2008
C'est en ce moment-même que des dizaines de milliers de jeunes s'apprêtant à vivre un semestre d'études avec le programme Erasmus affluent dans les villes universitaires d'une grande partie de l'Europe...Voici les règles d'or que le babelblog Eurogeneration vous propose pour passer un Erasmus sensationnel (dont vous pourrez évidemment discuter dans les commentaires !).
Elle sont le fruit d'une année magnifique passée à Strasbourg dont je vous livre une photo qui, en plus, est bien dans le "mood leçons"...

Leçon n° 1 :  Intégration...

A Rome ils étaient surnommés la mafia espagnole. Je parle bien sûr de ces bandes d'hispanophones qui vagabondaient par groupe de quarante le samedi soir, qui après maintes difficultés pour trouver un bar assez grand pour tous les contenir, se retrouvaient toujours dans le perpétuel et insipide botellón... -qué-tanto-estamos-avec-le-vientre-lleno-qué-Maria-a-fait-la-tortilla-de-patatas.Je le sais parce que j'étais le seul intrus italien dans une de ces compagnies à Rome. S'il vous plaît, non, ne le faites pas. Les italiens aussi, avec leur bidet et les tagliatelles de la mamma risquent fortement de tomber dans le syndrome des tortillas.L'idéal pour éviter cela et connaître des personnes du coin vivre dans un appart avec, de préférence, des étudiants originaires des environsparticiper aux activités sportives organisées par la facaller en cours (au moins une fois de temps en temps)

Leçon n° 2 : ...mais sans censurer votre accent !

Intégration ne signifie pas forcément mimétisme. Vouloir parler cette nouvelle langue sans accent étranger n'a pas de sens. Vous serez juste ridicules. De toute façon ça se voit gros comme une maison que vous venez d'ailleurs. Alors, au contraire, utilisez-le, cultivez-le, faites en profiter les autres ! Organisez par exemple quelque soirée gastronomique pour faire découvrir vos plats nationaux, faites écouter vos musiques avec guitare ou I-pod à l'appui ... Et plus vous en avez, plus vous en montrez !Pendant que je faisais mon Erasmus à Strasbourg, une fille plutôt pas mal me dit, alors que j'essayais vainement de singer la langue de Molière : « mais tu sais, notre accent sur les mecs, il fait homo : c'est mieux l'accent italien ! ». Comment lui donner tort ?

Leçon n° 3 : attention aux préjugés et aux exagérations.

Faites attention aux jugements hâtifs sur les villes dans lesquelles vous arrivez, et ne tombez pas non plus dans les syndromes inverses de l'idéalisation ou, pire, du type « oui, mais chez nous c'est différent ». Beaucoup de gens se laissent ensorceler par une réalité certes fascinante, mais souvent parce que vécue en Erasmus. Ce qui pour nous, étrangers, est un paradis est parfois un enfer pour d'autres personnes. A contrario, recueillez tous les aspects, ne vous contentez pas d'idées toutes faites. Et rappelez vous toujours qu'une ville ne peut pas illustrer un pays entier : si vous vous trouvez à Paris, parlez de Paris et non de la France. Peut-être que les choses sont différentes en Corse ou au fin fond des Pyrénées. Et surtout, épargnez les autres des clichés ou préjugés que vous croyez vrais ! Montrez que vous avez un esprit ouvert... Evitez les « mais de toute façon...ils ne savent même pas faire les pâtesils ne connaissent pas les règles d'hygièneils sont froids et trop nordiques (ou son contraire, trop exubérants) »

Leçon n° 4 : distraction n'exclut pas engagement.

Le journalisme te plaît ? Très bien, il y a certainement un journal de la fac ! Appelle-les pour y participer. C'est plutôt le social qui te botte ? Les activités humanitaires foisonnent dans toutes les villes du Vieux Continent. Les toujours très tonitruantes soirées Erasmus n'empêche pas d'essayer de construire quelque chose. Quelque chose qui restera. Parole de quelqu'un qui pendant son Erasmus a lancé, avec beaucoup d'autres jeunes de l'Europe entière, un site appelé cafebabel.com.

Leçon n° 5 : jetez vous dans votre nouvel environnement !

Bien souvent il est difficile de quitter son pays d'origine et tout ce que ça englobe : famille, amis... Bref, on a peur que certaines relations s'affaiblissent avec la distance. Eh bien, le meilleur moyen pour que ça finisse par arriver est de s'accrocher encore et encore à ce passé. En retournant chez soi (mais d'ailleurs, c'est quoi « chez soi »? lire l'article) tous les deux mois, en téléphonant trois fois par jour, ou en restant bloqué sur le statut msn en ligne alors qu'on est bel et parti... Au contraire, plongez, vivez votre nouvelle réalité, profitez-en jusqu'au bout, animés d'une curiosité sans borne, enracinés dans votre ADN et conscients de votre diversité mais extensibles comme un grand chêne. Pour vous rapprocher toujours plus, comme un arbre élancé, vers le ciel de votre future vie...Bon Erasmus à tous !!

Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel