Les carottes sont cuites

Article publié le 12 septembre 2007
Article publié le 12 septembre 2007

Les négociations sur le statut du Kosovo semblent bloquées. Dans 120 jours, la Troïka devrait parvenir à un accord sur l’avenir de la province. En cas d’échec, il pourrait être trop tard pour une solution pacifique pour les Balkans. Toutefois, ler 1er janvier, le riz pourrait bien être trop cuit, [‘se les va a pasar el arroz'], comme ont coutume de dire les Espagnols à propos des femmes qui tardent à enfanter, en référence au riz de la paella qui va brûler et être inutilisable. Ceux qui ont vécu la guerre civile des années 90 dans les Balkans pourraient être saisis d’une peur panique que la porte ne se ferme, ou ‘Torschlusspanik’ comme le disent les Allemands quand une personne ne concrétise pas ses objectifs ou ne remplit pas certaines obligations sociales.

L’exemple-type : le mariage. Dignes héritiers de la tradition catholique, les Espagnols se montrent bien sévères à l’égard des célibataires endurcies, s’exclamant, avec une malice exagérée à leur égard, qu’elles vont bientôt coiffer Sainte-Catherine [‘se va a quedar para vestir santos’]. Idem chez leurs voisins français qui baptisent les filles seules de plus de 25 ans de ‘Catherinettes’.

Passé un certain âge, les Britanniques, naturellement doués pour les affaires, craignent souvent de rester en rayon [‘the fear to be left on the shelf’], comme ces livres que personne n’achète. Espérons que la paix au Kosovo ne serve pas de monnaie d’échange entre la Russie et l’Occident et qu’elle épouse vraiment le destin des Kosovars. Prions donc comme ces maudits Français pour que les carottes ne soient pas encore cuites.