Les bons côtés de la COP22

Article publié le 23 novembre 2016
Article publié le 23 novembre 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Notre route vers l'atténuation et l'adaptation au réchauffement climatique est encore très longue, et dépend des états du monde entier. Malgré l'élection de Trump, la COP22 apporte de bonnes nouvelles. 

La semaine dernière, j'ai regardé le documentaire Samuel in the clouds, qui raconte l'histoire de Samuel, un vieux technicien de télésiège, qui monte chaque jour au Club Alpino Boliviano, dans les montagnes Chacaltaya en Bolivie, pour rejoindre le refuge qu'il garde au sommet des Andes. 

La montagne culmine à une hauteur de 5.300 mètres. Mais depuis 2009, la neige a complètement disparu. La même chose est en train d'arriver au Kilimanjaro en Afrique, où les glaciers fondent à vue d'oeil. Mais Samuel continue d'escalader la montagne, dans l'espoir que la neige revienne un jour. 

Après avoir vu ce documentaire, je me suis posé la question : peut-on encore revenir en arrière, et faire revenir la neige sur les glaciers?

Inverser ce phénomène catastrophique est le but de ces négociations internationales sur le réchauffement climatique, qui se tiennent tous les ans depuis 1995, et qui viennent de se terminer à Marrakech. La route est encore très longue, et dépend des actions des états du monde entier, mais il y a de l'espoir. 

Le Maroc ouvre la marche en Afrique

Le Maroc, hôte de la COP22 qui se tient à Marrakech cette année, a fait de gros efforts pour prouver ses engagements écologiques. L'année passée, le Maroc a banni les sacs en plastiques, a commencé à remplacer les vieux taxis et bus polluants, prévu des travaux d'extension du réseau de tramway à Casablanca et à Rabat, et lancé l'initiative dite d'"Adaptation de l'Agriculture Africaine", pour soutenir l'adaptation des fermiers locaux aux changements climatiques. 

A l'occasion de la COP22, le Maroc a introduit à Marrakech le premier système de vélos partagés d'Afrique, première étape (avec les nouveaux bus de ville électriques) d'un projet plus large qui vise à rendre les transports publics marocains plus écologiques. le gouvernement est même allé encore plus loin, en prenant l'engagement ambitieux de porter la production d'électricité renouvelable du pays à 52% d'ici 2030.

Qui peut faire mieux?

Lors de la COP22, le Climate Vulnerable Forum, un groupe qui réunit plus de 40 nations "vulnérables" et qui s'engage pour différentes actions tournées vers l'avenir, comme par exemple atteindre un objectif de production de 100% d'énergie renouvelable entre 2030 et 2050.

A Marrakesh, la Coalition Under2, un club de gouvernements infranationaux qui ont décidé de réduire leurs émissions d'au moins 80% d'ici 2020, ont annoncé que le nombre de participants s'est considérablement accru. A présent, l'ensemble de ses membres représente un tiers de l'économie mondiale, et couvre une population de presque un milliard de personnes vivant en Amérique du Nord, en Europe, en Amérique Latine, en Afrique et en Asie. 

Conscientes de l'importance de la qualité de l'air dans les villes, et de la nécessité de réduire la pollution liée aux transports, huit grandes nations (Canada, Chine, France, Japon, Norvège, Suède, Royaume-Uni et Etats-Unis) se sont engagées à Marrakech a développer l'utilisation des transports publics électriques, exhortant les autres gouvernements à faire de même. 

 Un moment décisif pour les énergies renouvelables

2015 a été un moment décisif pour les énergies renouvelables, d'après l'Agence Internationale de l'Energie. Les énergies renouvelables représentent plus de la moitié de la capacité énergétique du monde entier, avec comme moteurs principaux l'éolien et le solaire. Les énergies renouvelables ont dépassé le charbon l'an passé, et sont devenues la source la plus importante d'énergie au monde. 

"Le Sommet de Marrakech pour le climat prouve qu'il n'y a pas de retour en arrière possible dans le combat mondial contre le réchauffement climatique," a déclaré Kathleen Van Brempt, euro-députée et vice-présidente du groupe S&D (socialiste et démocrate, ndlr) pour le développement durable. "Si l'on compare l'impact de l'élection de Donald Trump sur les négociations des Nations Unies sur le climat, et celle de George Bush en 2000, il y a une énorme différence. Alors qu'en 2000, à la conférence COP6 de la Haye, la communauté internationale n'a pas réussi à trouver un accord pour rendre effectifs le protocole de Kyoto, la réaction internationale actuelle à un éventuel désengagement des Etats-Unis a été fermement et résolument en faveur d'une action multilatérale."

Mise en perspective avec la ratification rapide des Accords de Paris sur le climat, cette COP22 fut très prometteuse. Toutefois, malgré toutes ces évolutions positives, il faut encore que les engagements des gouvernements se transforment en actes concrets.