"Les autres pays ils votent aussi ? Ah ouais ? ah bon..."

Article publié le 8 juin 2009
Publié par la communauté
Article publié le 8 juin 2009
Ce titre, c'est du vécu. C'était hier, jour de vote pour les élections européennes 2009 en France. Un ami (il se reconnaitra s'il passe par ici), pourtant relativement politisé (dans le bon sens du terme), et à l'esprit critique plus affuté que beaucoup, interrompt notre discussion, l'air perdu, et me demande : "..mais, les autres pays... ils votent aussi pour ces élections ?
"

Le voila qui résume sans le savoir (quoique...), à lui seul, toutes ces élections.

Au passage, ça donne une mesure béante (bien mieux que tous les sondages) du flou dans lequel sont plongés l'immense majorité des électeurs en France, en particulier des abstentionnistes.

On pourra jeter la faute sur les médias. Pourquoi pas. Les instituts de sondages également ( à moins que ce ne soient leur commanditaires), ce matin encore, ne parlaient que des résultats du "PS", de "l'UMP", éclipsant tout le reste. Un peu comme si aux élections de la chambre de députés en France, les bretons n'avaient les résultats que de Quimper à Brest...

Mais si médias et sondeurs en sont là, c'est surtout parce qu'ils font avec ce qu'ils ont. Et ce qu'ils ont, ce sont les partis politiques qui le leur fournissent. C'est bien là qu'est le problème.

Il n'y aura pas de vrais élections européennes, ni d'émergence d'une gouvernance pleinement démocratique, sans véritables partis politiques européens pour proposer des choix aux citoyens à l'échelle de l'UE. Après 50 ans de construction européenne, c'est à eux, les représentants des citoyens, et non aux plus aux chefs d'états, de s'emparer de l'Europe.

La tache est extrêmement complexe avec 27 états et une multitudes de forces politiques. Les freins, toujours les mêmes, sont nombreux.

Pour que 2014 ne soit pas un redite de ces piteuses élections, et un autre moment historique perdu, 5 ans ne seront pas de trop. La vrai construction européenne - si elle se fait - se fera sans traité.

Peut être que, devant la tache, l'objectif le plus pragmatique et le plus concret vers lesquels peuvent tendre les partis est de faire surgir chacun un leader à l'échelle européenne, qui en sera le porte parole naturel, et le candidat à la présidence de la commission lors des prochaines élections. Un but simple qui apportera un gain de lisibilité immense pour les citoyens.

Mon ami, quand je le reverrai en 2014 au moment des élections, aura clairement vu que le candidat du "parti socialiste" est un Danois, et que celle des "verts" une italienne.

Pas de doute, ce seront bien des élections européennes.

Les premières peut être ?

il reste 5 ans. Le travail des politiques, à travers toute l'Europe, commence aujourd'hui.