Les animaux malades de l’Europe, de Karl Lafuente

Article publié le 10 février 2009
Publié par la communauté
Article publié le 10 février 2009
Les moutons, gras et gros chacun dans leurs enclos Avait connu naguère La disette et la guerre Ce temps d’un autre âge Etait bien fini Les maux avaient été bannis Par de communs pâturages Mais soudain, à nouveau Un mal chez eux sévissait Les près jaunissaient Et l’herbe faisait défaut Nul ne savait comment Retrouver la santé, L’abondance en froment Et la peur
sévissait…

Un jour de printemps

L’un de leurs présidents

Convoqua les brebis

A donner leur avis

Et soudain, les ruminants

Dans le doute perdu

Oublièrent comment

Ils devinrent dodus

Alors ils découvrirent,

ce qui pourtant depuis,

plus de deux générations

Etait vu comme raison

La concurrence non faussée ?

Quel crime insensé !

Ouvrir mon pâturage

C’est inimaginable !

Gravé dans le marbre !

Quel crime pendable

Mon enclos, seul est convenable

A nous seul est notre chambre

Voila l’ultraliberalisme !

Dirent des franciliens

Certains, même, y virent la main

Du lointain turquissime

Et dans l’enclos voisin

Situé sur un Ishtme

On criait au socialisme

Comme mal utérin.

A partir de ce jour

Rien ne fut comme avant

La raison n’eut plus court

Et on se tourna vers antan

Nos fourchettes ont trois bras.

Les leurs deux, c’est un fait!

Comment dans ce cas ?

Pourraient ont s’accorder ?

Et alors, les herbivores

Tous à leur hystérie,

en oubliaient le dehors

Souvent sans merci

Dans la noire forêt

Point de cet instrument

De crocs on usait

Bien plus contondants

Le loup surgit du bois

Trouvant les brebis divisées

Se réjoui de leur état

Et n’en fit qu’une bouchée

Moralité

A trop ne voir que son nombril

On fini sur le grill.