Les acteurs de la culture attendent pour juger le gouvernement

Article publié le 23 septembre 2014
Article publié le 23 septembre 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Depuis plusieurs mois, les prises de parole des milieux artistiques se multiplient pour alerter face aux dangers qui pèsent sur la culture. Avec la nouvelle économie numérique et la compétition internationale, Jean-Michel Jarre, président de la Confédération internationale des sociétés d'auteurs et de compositeurs (CISAC), mais aussi Marc Missonier, président de l’Association des Producteurs de Cinéma (APC) appellent à la prudence.

En effet, malgré les promesses de la commissaire Androulla Vassiliou de faire respecter la convention de l’UNESCO de 2005 sur la diversité des expressions culturelles, la production nationale semble de plus en plus fragilisée. Entre le traité sur le libre-échange et les pressions qui s’exercent contre l’environnement réglementaire français depuis la nomination d’Emmanuel Macron à Bercy, il y a tout lieu de rester vigilent…

Tandis que l’inspection des finances avait évalué en 2013 la part des industries culturelles à près de 3,2% du PIB, les stratégies hégémoniques des géants américains comme Google ou Amazon font craindre un effondrement des parts de marché des entreprises françaises. Des auteurs comme Stephen King, ou Paul Auster avaient d’ailleurs directement pris parti dans le boycott d'Hachette par Amazon : « nous sommes fermement convaincus qu'aucun libraire ne devrait ni empêcher ni gêner la vente de livres »…

C’est dans ce contexte que Vivendi a choisi d’adopter une attitude proactive en recentrant son activité sur les médias. Ainsi nous explique Nicolas Ruscher du Journal du Net, le groupe compte « s’appuyer sur sa position dominante en tant que fournisseur de contenu culturel (musique, films, séries …) pour mieux négocier le partage de la valeur avec les géants du numérique tels Apple, Google ou Netflix ».

La question de la répartition de la valeur ajoutée reste comme bien souvent le nerf de la guerre. Une problématique qui ne devrait pas échapper à la secrétaire d’Etat au numérique devenue nouvelle ministre de la culture, Fleur Pellerin. Prudente,  Florence Gastaud, déléguée générale de l'ARP (l'association des cinéastes) attend cependant de juger sur pièce: « on veut quand même qu'elle nous assure qu'elle mettra le numérique au service de la culture et pas l'inverse »…