Les 5 pires stéréotypes de la journaliste à l'écran

Article publié le 4 avril 2016
Article publié le 4 avril 2016

Elles couchent avec leurs indics, se paient un immense loft avec un scoop par mois ou se retrouvent, sans cesse et sans le vouloir, au coeur des meilleures histoires. Les journalistes sur petit et grand écran n'ont souvent rien à voir avec la réalité. Voici un aperçu des 5 clichés les plus marquants.

Type 1 : La rédactrice en chef

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Elle mène parfaitement sa barque - surtout parce qu'elle inspire la crainte et la peur auprès de son personnel. C'est elle la plus compétente et elle le sait. La plupart du temps, elle est accompagnée d'une assistante un tantinet naïve qui s'occupe d'aller chercher le café et de lui lire les infos depuis sa tablette (jadis : un porte-bloc). Quant à sa vie privée, on n'en sait très peu ou rien du tout, elle semble même n'en avoir aucune - tout du moins jusqu'à ce que l'assistante naïve ou éventuellement la jeune journaliste (voir type 4) ne réussisse à percer cette carapace et cette image de dure à cuire en usant de son charme et de sa douceur.

Interprétée par : Miranda Priestly dans Le Diable S'habille en Prada (2006), Cat Grant dans Supergirl (depuis 2015)

Caractéristiques : Se trompe constamment de prénom lorsqu'elle s'adresse à son assistante. Une tenue et une coiffure toujours impeccables. Ne supporte pas les gens nonchalants.

Citation favorite : « Je ne vous paie pas pour réfléchir ! ». Ne dit pas un mot lors des situations décisives, mais se contente de froncer les sourcils de manière éloquente.

Son homologue masculin : Le rédacteur en chef.

Type 2 : La chroniqueuse

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Elle gagne sa vie, assise devant son ordinateur, en transformant des événements quotidiens insignifiants en anecdotes et pensées poétiques. La recherche, c'est pas son truc - sa vie est sa recherche (surtout sa vie sexuelle, voir type 5). De la cuisson des pâtes à la douche matinale, tout se prête à la chroniqueuse. Par rapport au rendement journalistique (environ 1 texte par mois), le niveau de vie de la chroniqueuse est étonnamment élevé (appartement à East Village, quartier de New-York, loft à Berlin, etc.).

Interprétée par : Carrie Bradshaw dans Sex and the City (1998-2004), Mila Zellinger dans Mila (série allemande, 2015), Phoebe Halliwell dans Charmed (1998-2006)

Caractéristiques : Est habillée comme une bloggeuse de mode, affiche un sourire craquant de petite fille et possède des centaines d'admirateurs secrets.

Citation favorite : « En fait, les hommes sont comme l'alcool - d'abord, ils te font légèrement tourner la tête, puis ils disparaissent, et ne nous laissent qu'un vague mal de tête. » (souvent une voix off qui laisse songeur)

Son homogue masculin : Le journaliste sportif.

Type 3 : L'ambitieuse

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Elle fait du bon boulot et elle le sait. Elle est (bien souvent) la seule femme entourée d'hommes, et bien qu'elle soit « one of the boys », elle doit travailler deux fois plus dur que ses collègues. Parce qu'elle a dû s'imposer, elle n'a aucune tolérance à l'égard des séductrices (voir type 5) ou des jeunes journalistes (voir type 4) - toutes trois sont en concurrence. Dans de rares cas, elle est la tutrice de la jeune journaliste. En règle générale, l'ambitieuse travaille peu avec d'autres femmes ou ne veut pas entendre parler du concept de « sororité ». Ce sont les hommes qui ont le pouvoir. Par conséquent, elle se comporte comme tel.

Interprétée par : Janine Skorsky dans House of Cards (depuis 2013), Lois Lane dans Man of Steel (2013), Katrine Fønsmark dans Borgen (2010-2013), Janine Roth dans Lions et Agneaux (2007)

Caractéristiques : Aime bien porter des chemises discrètes pour ne pas se faire remarquer. Se met souvent en danger. 

Citation favorite : « J'ai eu le prix Pulitzer ! (sic) »

Son homologue masculin : Le journaliste d'investigation.

Type 4 : La jeune journaliste

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Comment cette personne a-t-elle pu devenir journaliste ? On se le demande étant donné son manque de compétences journalistiques. Elle se retrouve facilement au coeur des bonnes histoires - parfois en couchant avec ses indics (voir type 5), parfois grâce à un hasard pas possible. Parce qu'elle est jeune et naïve, elle se fait souvent aider par un charmant collègue, ce qui peut laisser place à un happy end romantique. Lui seul reconnaît son potentiel, il l'aide dans ses recherches ou peut carrément lui obtenir un scoop. Seulement parfois, ledit bienfaiteur se révèle être un sale type sournois agissant pour son propre intérêt. Dommage. La plupart du temps, la jeune journaliste ne pense pas à sa carrière - mais est triste et déçue lorsque personne ne la prend au sérieux.

Interprétée par : Zoe Barnes dans House of Cards (depuis 2013), Bridget Jones dans Le Journal de Bridget Jones (2001), Andy dans Le Diable S'habille en Prada (2006), Josie Geller dans Collège Attitude (1999), Rebecca Bloomwood dans Confessions d'une accro au shopping (2009), April O'Neil dans Ninja Turtles (2014), Robin Scherbatsky dans How I Met Your Mother (2005-2014)

Caractéristiques : Fait souvent preuve d'une grande maladresse ou se retrouve dans des situations cocasses - qui au final se terminent bien

Citation favorite : « Mais où je vais trouver ces infos ? »

Son homologue masculin : Le journaliste en herbe.

Type 5 : La séductrice

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Ses compétences journalistiques se distinguent avant tout par le fait qu'elle serait prête à tout pour une histoire - notamment coucher avec des hommes qui peuvent se révéler être utiles. Que ce soit en tant qu'indics, ou qu'il s'agisse d'être mêlée à l'histoire. Mais, toutes les séductrices ne sont pas calculatrices. Non, quelques-unes manquent tout simplement de professionalisme et mélangent leur vie professionnelle et privée (c'est souvent le cas de la jeune journaliste, voir type 4).

Interprétée par : Zoe Barnes dans House of Cards (depuis 2013), Christine Everhart dans Iron Man (2008), Amy Townsend dans Crazy Amy (2015), Andie Anderson dans Comment se faire larguer en dix leçons (2003), Lillian Forrester dans Scandal (depuis 2012), Rowena Price dans Dangereuse Séduction (2007), Tamara Drewe dans Tamara Drewe (2010)

Caractéristiques : A ce regard particulier qui évoque une « recherche » approfondie.

Citation favorite : « Et si on allait boire un verre après le boulot pour en discuter ? »

Son homologue masculin : Il n'y en a pas (Les hommes ne couchent pas avec leurs supérieures hiérarchiques/leurs indics, c'est bien connu)

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Cet article fait partie de Mind The Gap par cafébabel. Un projet qui a pour objectif de sauter le pas sur la question du genre et du féminisme en Europe.