Leçons à retenir en matière de financement participatif

Article publié le 10 avril 2017
Article publié le 10 avril 2017

Aujourd'hui, le financement participatif devient un nouveau, fascinant, moyen de collecter de l'argent pour n'importe quel projet. Cafébabel a investigé sur ce phénomène et en a tiré quelques leçons.

Selon la définition donnée par Freedman and Nutting, le financement participatif fait référence à "une méthode qui consiste en la collecte de nombreuses petites donations, au moyen d'une plateforme de financement en ligne, dans le but de financer ou capitaliser une entreprise populaire." Cette définition met en avant la nouveauté de la pratique et aussi, le rôle fondamental de l'ICTs (Information et Communication Technologies) pour sa mise en oeuvre. Mais cela n'est pas totalement vrai.

Tout d'abord, il est important de souligner que le financement participatif, ce n'est pas nouveau. Il s'est développé en même temps que la modernisation et Internet. L'exemple le plus célèbre pour le prouver, reste sans doute la Statue de la Liberté. Oui, cette statue-là! En effet, en 1884, les Français ont préparé la statue et l'ont envoyée à travers l'océan Atlantique jusqu'aux États-Unis. Malheureusement, une fois arrivée sur les côtes américaines, la statue ne trouvait pas sa place. Le Comité américain avait alors collecté seulement la moitié de la somme nécessaire pour construire la plateforme sur laquelle serait érigée la statue. Au départ, les américains n'étaient pas vraiment enclin à aider pour son financement (premier signe que le financement participatif ne fonctionne pas toujours!). Mais la notoriété suscite l'attraction! Joseph Pulitzer (oui, celui-là même qui a donné son nom au fameux prix) l'a compris et, en tant que directeur du journal The World, il a promis de publier le nom de toutes les personnes qui donneraient de l'argent pour financer la cause (deuxième leçon: pour fonctionner, le financement participatif a besoin d'une récompense). Et ça a marché! Il a réuni pas moins de 102.000 $, offert par 120.000 personnes, et tout ça sans utiliser Internet (troisième leçon: pas besoin de l'ICTs!).

Depuis ce moment, le financement participatif est devenu plus structuré et a développé différentes formes de récompenses. Le financement participatif en fonds propres, par exemple, représente une bonne solution pour les start-ups et les petites entreprises. Cependant, si votre société n'est pas capable de fournir cette solution, pas d'inquiétude, il y a d'autre option qui peuvent correspondre à vos besoins: les personnes peuvent également devenir prêteur de l'emprunt de l'entreprise.

Vous ne possédez pas de société? Alors, le financement participatif avec compensation est la solution! Ce que le cas de la Statue de la Liberté nous enseigne c'est que les gens financent un projet en échange d'une récompense matérielle ou symbolique (habituellement un service ou un cadeau). Finalement, le financement participatif pourrait aussi fonctionner comme une plateforme bénéficiaire rassemblant les donations.

Trois acteurs majeurs sont impliqués dans le processus: l'entrepreneur, les supporters et la plateforme. Cafébabel Bruxelles a décidé de les rencontrer pour vous fournir une présentation complète lors de cette enquête sur le financement participatif.

Première chose qu'on a appris: les supporters, entrepreneurs et les plateformes ont vraiment besoin de croire en leurs projets et ne doivent pas avoir peur de s'impliquer. En effet, Hussein Rassim, dont le projet était le lancement de son album Migration a déclaré: " Je pense que les gens veulent aider et ils nous aident parce qu'ils croient en nous, c'est ça la raison". Grâce à sa propre expérience, Hussein a appris que la plupart du temps, les gens sont là pour rendre les choses concrètes.

Deuxième leçon: le financement participatif, c'est mieux que de demander un prêt à la banque. En effet, le financement participatif aide à établir une liste de clients affiliés qui croient au projet et qui le suivront probablement pendant son implémentation. Hussein supporte l'idée que: " [le financement participatif] c'est plus une question de communication et de rencontre avec les gens. Pour moi, c'est très intéressant de rassembler les gens. Nous l'avons fait ensemble, ce n'est pas juste "donne-moi ton argent et puis basta"". Ces nouvelles plateformes vous donnent la chance de créer des contacts et d'être encouragé, ce qui vous donne l'énergie pour ne pas abandonner votre projet. Frederik Lamote, directeur de la plateforme en ligne Growfunding, a admis que: "Notre rôle se concentre sur la formation, la coaching et avant tout, la communication. On investit beaucoup dans la communication, toujours en collaboration étroite avec l'entrepreneur".

Troisième leçon: De manière inattendue, les gens participent! En ces temps de crise économique, on s'attendrait à voir les gens épargner leur argent et leur temps. Supporter économiquement une idée pourrait être considéré comme un perte de temps. Plus surprenant encore, même si la société est récompensée, comme dans le cas de Hussein et Growfunding, les gens peuvent faire le choix de ne pas recevoir de rétributions, et ils le font! Frederik pense que les gens investissent simplement dans un projet parce qu'ils souhaitent y contribuer et participer à la réalisation de quelque chose qu'ils aiment, dans l'esprit de la participation.

Et si ça ne fonctionne pas? Selon Hussein, une campagne est un échec lorsqu'elle n'est pas communiquée à la foule. Les aspects les plus importants sont bien sûr le langage utilisé pour communiquer et les objectifs fixés. Hussein ajoute que: "parfois, on a peur de montrer ses sentiments" et apparemment c'est ça, la clé du succès. Cependant, si vous ne parvenez toujours pas à réussir, sachez que pour tout projet, il y a toujours une forme d'incertitude et de flou. La plateforme Kickended analysera votre projet et le ré-évaluera en essayant de trouver la solution la plus adaptée à votre situation.

Remarque finale: la législation. A première vue, tout paraît parfait: le financement participatif fonctionne et représente une solution où tout le monde y gagne. Cependant, on ne doit pas oublier que là où l'argent est impliqué, il y a des règles. Bien sûr, toutes les méthodes de financement doivent respecter des règles strictes, ou pas? Apparemment, la Commission Européenne n'a pas l'intention d'introduire des lois pour le financement participatif mais elle veut seulement superviser le développement du secteur. C'est pourquoi, tous les pays commencent à établir leur propre cadre légal. L'Italie a été la première a adopté une législation sur le financement participatif sur fonds propres. La Belgique vient juste d'implémenter sa loi sur le financement participatif (Février). Ces deux pays essayent juste de réguler le secteur pour les plateformes concernant les fonds propres et les dettes pendant que celles concernant les récompenses et les donations restent hors du cadre légal.

A cet égard, Frederik admet que l'aspect négatif du financement participatif c'est le côté administratif.

Malgré tout, les choses évoluent: Frederik a été invité pour discuter du rôle que le gouvernement devraient jouer, légalement parlant, pour supporter les plateformes comme Growfunding. Il est donc temps d'avoir une idée et de la faire germer, aucune loi ne peut vous arrêter!